{"id":3470,"date":"2018-12-23T13:49:27","date_gmt":"2018-12-23T12:49:27","guid":{"rendered":"http:\/\/mehdi.name\/fr\/?p=3470"},"modified":"2020-12-23T13:51:29","modified_gmt":"2020-12-23T12:51:29","slug":"tunisie-les-israelites-a-kairouan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/2018\/12\/23\/tunisie-les-israelites-a-kairouan\/","title":{"rendered":"Tunisie: Les isra\u00e9lites \u00e0 Kairouan"},"content":{"rendered":"<p>En m\u00eame temps qu&#8217;ils faisaient prosp\u00e9rer leur commerce, les Isra\u00e9lites-de Ka\u00efrouan ne n\u00e9gligeaient pas les \u00e9ludes h\u00e9bra\u00efques et profanes. Il s&#8217;y \u00e9tait form\u00e9 une \u00e9cole rabbinique dont la renomm\u00e9e s&#8217;\u00e9tendit au loin, et dont le chef, d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de \u2026 ou plus simplement \u2026, correspondait avec les fameuses acad\u00e9mies de Soura et de Poumb\u00e9dita. Il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 question du m\u00e9decin Salomon Schemma et de l&#8217;historien Ben-Esch-Schemma. Les \u00e9crivains arabes nous parlent \u00e9galement du m\u00e9decin Isaac Ben Schelomo, qui \u00e9tait m\u00e9decin en chef du calife Aghlabide El Mansour (334 \u00e0 342 de l&#8217;H\u00e9gire) et du m\u00e9decin lsaac Isra\u00ebli, m\u00e9decin du calife Ziadeth Allah (320 \u00e0 338 de l&#8217;H\u00e9gire). Ils sont \u00e9galement mention d&#8217;un disciple du pr\u00e9c\u00e9dent, Doun\u00e9s Ben Temim, m\u00e9decin et philosophe comme lui, et dont les travaux scientifiques, fort importants d&#8217;ailleurs, ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s estim\u00e9s des savants de son temps<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>La communaut\u00e9 de Ka\u00efrouan s&#8217;\u00e9tait acquise, dans la ville et dans le pays, une r\u00e9putation qui se r\u00e9pandit au loin et dont elle fut la premi\u00e8re \u00e0 profiter. Elle avait ses temples, son cimeti\u00e8re et sa caisse de bienfaisance, dont elle taisait Usage, en particulier, pour racheter les esclaves juifs. Les Arabes n&#8217;avaient pas tard\u00e9 \u00e0 s&#8217;en apercevoir, et exigeaient pour les Isra\u00e9lites captifs un prix plus \u00e9lev\u00e9 que pour les chr\u00e9tiens, certains qu&#8217;ils \u00e9taient de trouver \u00e0 les vendre.<\/p>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les juifs de Ka\u00efrouan n&#8217;oubliaient pas leurs fr\u00e8res de Palestine, et envoyaient annuellement des offrandes pour contribuer \u00e0 l&#8217;entretien des acad\u00e9mies de Soura et de Poumb\u00e9dita. Dans ce but, le \u2026 de Ka\u00efrouan correspondait avec l\u2019exilarque (\u2026) et avec le pr\u00e9c\u00e9dent de l\u2019Acad\u00e9mie (\u2026).<\/p>\n<p>Toutes les fois qu&#8217;une difficult\u00e9 religieuse ou liturgique se pr\u00e9sentait, ils s&#8217;adressaient aux \u2026 pour en demander l&#8217;explication ou la solution. Il est parvenu jusqu&#8217;\u00e0 nous des fragments de cette correspondance, qui sont un pr\u00e9cieux t\u00e9moignage sur l&#8217;\u00e9tat des Juifs de cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de sa fondation, la communaut\u00e9 de Ka\u00efrouan para\u00eet avoir re\u00e7u la visite d&#8217;un personnage important. En 772, un candidat \u00e0 l&#8217;exilarcat, oblig\u00e9, apr\u00e8s le succ\u00e8s de son concurrent, de s&#8217;exiler de son pays, se rendit en Afrique, peut-\u00eatre \u00e0 Ka\u00efrouan. Les historiens juifs du moyen \u00e2ge se bornent \u00e0 dire qu&#8217;il se rendit en Occident (\u2026). L&#8217;historien Craezt<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> assure que Nitrona\u00ef se serait \u00e9tabli \u00e0 Ka\u00efrouan, d&#8217;o\u00f9 il aurait envoy\u00e9 en Espagne un exemplaire du Talmud enti\u00e8rement copi\u00e9 de m\u00e9moire. Le peu de s\u00e9curit\u00e9 dont jouissaient \u00e0 cette \u00e9poque les Isra\u00e9lites de la R\u00e9gence ferait croire que l&#8217;exilarque Nitronai s&#8217;est fix\u00e9 en Espagne.<\/p>\n<p>Eldad le Danite s&#8217;est rendu d&#8217;Egypte \u00e0 Ka\u00efrouan (vers 880), o\u00f9 il montra aux Isra\u00e9lites un pr\u00e9tendu Talmud, qui n&#8217;\u00e9tait autre chose qu&#8217;une Mischma augment\u00e9e de quelques pr\u00e9ceptes kara\u00eftes. Les Isra\u00e9lites de Ka\u00efrouan s&#8217;en niell\u00e8rent. Leur m\u00e9fiance fut surtout augment\u00e9e en entendant Eldad donner comme h\u00e9bra\u00efques un certain nombre de mots qui n&#8217;en avaient ni la forme ni la construction. Le Bosch demanda conseil au Gha\u00f4n de Soura, Mor Tzemah ben Ha\u00eem, (\u2026) qui lui lit une r\u00e9ponse fort ambigu\u00eb, sans oser se prononcer d&#8217;une fa\u00e7on cat\u00e9gorique<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus tard, nous trouvons une lettre de Rab Saadia Ga\u00f4n aux rabbins de Ka\u00efrouan, en r\u00e9ponse \u00e0 une demande qu&#8217;ils lui avaient adress\u00e9e au sujet des \u2026. Nous voyons par ce document que les Juifs de Ka\u00efrouan \u00e9taient loin de conna\u00eetre le syst\u00e8me de coordination de l&#8217;ann\u00e9e lunaire avec l&#8217;ann\u00e9e solaire, cl qu&#8217;ils \u00e9taient contraints de se contenter d&#8217;un calcul approximatif pour la fixation des n\u00e9om\u00e9nies et des f\u00eates.<\/p>\n<p>Nous trouvons enfin une lettre fort importante adress\u00e9e par le Ga\u00f4n Scherira (<strong>\u05e8\u05d1 \u05e9\u05e8\u05d9\u05e8\u05d0 \u05d1\u05e8 \u05d7\u05e0\u05d9\u05e0\u05d0 \u05d2\u05d0\u05d5\u05df<\/strong>) aux rabbins de Ka\u00efrouan, en l&#8217;an 1297 de l&#8217;\u00e8re des S\u00e9leucides (\u2026) correspondant \u00e0 l&#8217;an 987 de J.-C.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Nous voyons par ce document que la communaut\u00e9 de Ka\u00efrouan poss\u00e9dait, cent quatre-vingt-dix-ans apr\u00e8s la d\u00e9faite des Isra\u00e9lites par Imam Edris, toute une organisation : des rabbins, des temples, des cimeti\u00e8res, des institutions sp\u00e9ciales de secours, des \u00e9coles, etc. Mais ce qui est surtout important \u00e0 constater, et ce que prouvent surabondamment et le texte de cette lettre, et les diverses demandes auxquelles elle r\u00e9pondait, c&#8217;est que, malgr\u00e9 des communications de plus d&#8217;un genre avec des Isra\u00e9lites d&#8217;Orient, ceux de l&#8217;Afrique ignoraient presque totalement la loi orale (\u2026); ils ne poss\u00e9daient, en particulier, aucune notion exacte au sujet de ce qui regarde l&#8217;histoire de la r\u00e9daction de la Mischna et de la Ghemara, et de tout ce qui se rapportait aux \u2026 et aux \u2026. Inutile d&#8217;ajouter que la \u2026 leur \u00e9tait parfaitement inconnue.<\/p>\n<p>Leurs relations avec leurs coreligionnaires de l&#8217;Orient ne se bornaient pas aux simples correspondances. Il est probable que de nombreuses personnes faisaient le voyage d&#8217;un pays \u00e0 l&#8217;autre et contribuaient puissamment \u00e0 \u00e9tablir entre les Juifs d&#8217;Asie et ceux d&#8217;Afrique des rapports de plus d&#8217;un genre. D&#8217;ailleurs Ka\u00efrouan \u00e9tait le passage presque forc\u00e9 des caravanes qui se rendaient d&#8217;Espagne \u00e0 Bagdad et \u00e0 Damas, et des relations avec l&#8217;une et l&#8217;autre contr\u00e9es s&#8217;\u00e9tablissaient facilement. Elles ont d&#8217;ailleurs, \u00e0 plus d&#8217;une reprise, \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9es par les circonstances. Vers le commencement du Xe si\u00e8cle, en l&#8217;an 919, un exilarque (\u2026) nomm\u00e9 Okba, a \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 d&#8217;Asie et vint chercher refuge \u00e0 Ka\u00efrouan. Les Isra\u00e9lites de cette ville le re\u00e7urent avec beaucoup d&#8217;honneur et le proclam\u00e8rent leur chef<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>Okba mourut \u00e0 Ka\u00efrouan, et on dit que les musulmans b\u00e2tirent une mosqu\u00e9e sur sa tombe, \u00e0 cause, de la similitude de nom qui existait entre l&#8217;exilarque et le g\u00e9n\u00e9ral musulman fondateur de la ville.<\/p>\n<p>Une autre circonstance vint donner, au commencement du XIe si\u00e8cle, \u00e0 la communaut\u00e9 de Ka\u00efrouan, \u00e0 la fois un chef et une cons\u00e9cration. C&#8217;\u00e9tait dans l&#8217;ann\u00e9e 4750 de la cr\u00e9ation du monde (990 de J.-C). Un bateau qui traversait l&#8217;archipel grec fut surpris par un chef de corsaires arabe, qui avait nom Ben Demahin (\u2026), et qui \u00e9tait parti d&#8217;Espagne, sous l&#8217;ordre et pour le compte du calife de Cordoue, \u00e0 la recherche de riches captures. Il se trouvait \u00e0 bord de ce bateau quatre rabbins c\u00e9l\u00e8bres, de la famille des \u2026 qui se rendaient de Barr\u00e8s \u00e0 S\u00e9baste<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Ils ont \u00e9t\u00e9 faits prisonniers et vendus comme esclaves. L&#8217;un d&#8217;eux, Rab Huschiel (\u2026), a \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Mehdia et de l\u00e0 conduit \u00e0 Ka\u00efrouan, o\u00f9 il fut mis en vente.<\/p>\n<p>Les Isra\u00e9lites l&#8217;achet\u00e8rent, ainsi qu&#8217;ils faisaient pour tous les esclaves juifs, et voyant sa science profonde dans la loi et dans le Talmud, en ont fait le chef de leur \u00e9cole (\u2026). Ses trois compagnons de voyage ont eu des destin\u00e9es diff\u00e9rentes ; l&#8217;un, rabbin Mo\u00efse, p\u00e8re du rabbin Hanoch, a \u00e9t\u00e9 vendu en Espagne, et a eu le m\u00eame sort que Rab Huschiel ; le second, rabbin Semaria, fils d&#8217;Elkanan, a \u00e9t\u00e9 vendu en Egypte, d&#8217;o\u00f9 il a sans doute regagn\u00e9 son pays, apr\u00e8s qu&#8217;il fut devenu pendant quelques ann\u00e9es chef de l&#8217;\u00e9cole rabbinique d&#8217;Egypte. L&#8217;histoire n&#8217;a pas conserv\u00e9 le nom du quatri\u00e8me captif, pas plus que sa destination<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>Ces rabbins, ainsi dispers\u00e9s, r\u00e9ussirent \u00e0 r\u00e9pandre la loi orale parmi les Juifs d&#8217;Afrique et d\u2019Espagne ; ils donn\u00e8rent un nouvel \u00e9clat aux \u00e9coles savantes \u00e9tablies dans ces pays, et dont ils devinrent l&#8217;\u00e2me. Ils furent, en outre, cause de la suppression des aum\u00f4nes que les Juifs d&#8217;Espagne et d&#8217;Afrique envoyaient annuellement aux acad\u00e9mies (\u2026) de Soura et de Poumb\u00e9dita. Ces \u00e9v\u00e9nements avaient lieu pendant le gh\u00e9onat de Ha\u00ef, le dernier des Gheonim (\u2026).<\/p>\n<p>Rab Huschiel devint, non seulement le chef (\u2026) des Isra\u00e9lites de Ka\u00efrouan, mais encore le savant le plus en renom de toute l&#8217;Afrique. On s&#8217;adressait \u00e0 lui, aussi bien d&#8217;Espagne et du Maroc, que d&#8217;Egypte, et m\u00eame de Syrie, pour avoir son opinion sur les difficult\u00e9s liturgiques ou casuistiques. II \u00e9tait d&#8217;ailleurs tr\u00e8s vers\u00e9 dans les sciences h\u00e9bra\u00efques, et les ouvrages qu&#8217;il a compos\u00e9s, \u2026 etc., le prouvent surabondamment.<\/p>\n<p>Le rabbin Huschiel atteignit une grande vieillesse. A sa mort, on institua rabbin \u00e0 sa place Rab Hananel, que quelques historiens appellent son fils, d&#8217;autres son \u00e9l\u00e8ve. A c\u00f4t\u00e9 de Rab Hananel se trouvait un autre rabbin tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre, \u00e9galement \u00e9l\u00e8ve de Rab Huschiel. Rabbi Nissim bar Jacob, au leur d&#8217;un ouvrage tr\u00e8s connu, intitul\u00e9 \u2026 La renomm\u00e9e de ces deux rabbins \u00e9tait universelle. Ils ont, \u00e0 plusieurs reprises, servi d&#8217;interm\u00e9diaires entre le richissime Samuel Naghid, le prince des Juifs d&#8217;Espagne, qui demeurait \u00e0 Cordoue, et le Gaon Ha\u00ef, le dernier et le plus c\u00e9l\u00e8bre des Gheonim de Soura. Gr\u00e2ce \u00e0 leur intervention, Samuel Naghid envoya souvent des secours importants, non seulement aux acad\u00e9mies de Soura et de Poumb\u00e9dita, mais aussi \u00e0 plusieurs communaut\u00e9s d&#8217;Asie et d&#8217;Afrique, et \u00e0 celles de Ka\u00efrouan, de Mehdia et de Kalaa<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>Ni Rab Hananel ni Rab Nissim, qui sont morts tous les deux dans la m\u00eame ann\u00e9e, ne laissaient d&#8217;enfants m\u00e2les. Rab. Hananel avait neuf filles, et Rab Nissim n&#8217;en avait qu&#8217;une. Cette derni\u00e8re avait \u00e9t\u00e9, du vivant de son p\u00e8re, demand\u00e9e par le prince Samuel Naghid, de Cordoue, en mariage pour son fils Joseph Rab Nissim s&#8217;empressa de la lui envoyer, mais elle \u00e9tait petite (quelques historiens disent naine, d&#8217;autres bossue). Joseph ne l&#8217;\u00e9pousa pas, mais la retint \u00e0 Cordoue, o\u00f9 il ne la laissa manquer de rien. Lorsque plus tard la famille du Naghid fut assassin\u00e9e \u00e0 Cordoue, la fille de Rab Nissim se retira \u00e0 Alissana, dont la communaut\u00e9 pourvut tr\u00e8s honorablement \u00e0 ses besoins. Quant \u00e0 Rab Hananel, il parvint \u00e0 placer avantageusement toutes ses filles, car il faisait le commerce et y avait acquis une grande richesse. A sa mort, il laissa \u00e0 ses h\u00e9riti\u00e8res 10,000 pi\u00e8ces d&#8217;or.<\/p>\n<p>Ces deux rabbins, nous venons de le voir, sont morts la m\u00eame ann\u00e9e (4810 de la cr\u00e9ation, 1050 de J.-C) et les auteurs h\u00e9bra\u00efques font suivre m\u00e9lancoliquement l&#8217;annonce de ce double d\u00e9c\u00e8s de cette phrase significative : \u2026 (Et les \u00e9tudes furent interrompues dans cette province)<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p>Toutefois l&#8217;un des plus anciens historiens de l&#8217;\u00e9poque ajoute : \u00ab Il en est rest\u00e9 tr\u00e8s peu (d&#8217;\u00e9lud\u00e9s h\u00e9bra\u00efques) dans la ville de Mehdia, chez les P\u00e9ni Zogmar et dans la ville de Kalaa Hamad<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, chez Ribbi Salomon Dayan, fils de Form\u00e8s ; mais ces rabbins n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 (\u2026), et leur renomm\u00e9e ne s&#8217;est pas \u00e9tendue dans le monde. La science h\u00e9bra\u00efque et talmudique n&#8217;avait cependant pas si compl\u00e8tement disparu de la contr\u00e9e, car, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s, nous voyons sortir de la province l&#8217;une des lumi\u00e8res du juda\u00efsme du moyen-\u00e2ge, le c\u00e9l\u00e8bre El-fassi, commentateur du Talmud. \u2014 L&#8217;historien \u2026 et apr\u00e8s lui tous les autres, nous racontent que trente-huit ans apr\u00e8s la mort de Rab Nissim, c&#8217;est-\u00e0-dire en 4848 de la cr\u00e9ation (1086 de J.-C), le c\u00e9l\u00e8bre rabbin nomm\u00e9 Isaac, fils de Jacob Al-fassi, s&#8217;est enfui de Kalaa Hamad, parce que deux Isra\u00e9lites, Halfa ben el-Aagab et Ha\u00efm, son fils, l&#8217;ont d\u00e9nonc\u00e9 \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 locale. L&#8217;historien fait grand \u00e9loge de ce rabbin Al-fassi et d\u00e9clare qu&#8217;il n&#8217;y en eut pas de plus savant depuis Rab Ha\u00ef Ga\u00f4n. On le croit sans peine, en examinant le vaste commentaire du Talmud, d\u00e9sign\u00e9 simplement sous le nom de \u2026, et qui est aussi connu que le talmud lui-m\u00eame \u2014 Le: rabbin fugitif arriva en Espagne, o\u00f9 Joseph Naghid, le m\u00eame qui devait \u00e9pouser la fille de Rab Nissim, lui fit un accueil tr\u00e8s empress\u00e9. Le rabbin Al-fassi s&#8217;\u00e9tablit d&#8217;abord \u00e0 Cordoue, puis, lors de l&#8217;assassinat de son protecteur, alla se fixer \u00e0 Alissana, o\u00f9 il acquit une grande renomm\u00e9e. Il mourut \u00e0 Alissana, en l&#8217;ann\u00e9e 4863 (1103 J.-C.), \u00e2g\u00e9 de quatre-vingt-dix ans<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p>C&#8217;est l\u00e0 tout ce que les historiens juifs nous ont rapport\u00e9 de ces communaut\u00e9s jadis si florissantes.<\/p>\n<p>A quelle \u00e9poque, et \u00e0 la suite de quelles circonstances celle de Ka\u00efrouan, la plus importante d&#8217;entre elles, a-t-elle disparu ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, nous en sommes r\u00e9duits \u00e0 des conjectures. Si nous en croyons l&#8217;historien juif que nous avons suivi jusqu&#8217;ici, \u2026, il rapporte qu&#8217;en l&#8217;an 4902 (1142), un certain Ben Temoura (\u2026, le glaive de Ben Temoura, dit l&#8217;auteur) ordonna d&#8217;exterminer tous les Juifs de l&#8217;Afrique jusqu&#8217;\u00e0 la ville de Mehdia, et il ajoute : A cette \u00e9poque il y avait des communaut\u00e9s juives dans toutes les villes de l&#8217;Afrique, depuis Sal\u00e9 (Maroc) jusqu&#8217;\u00e0 Tahrat, en Tripolitaine, \u00e0 l&#8217;exception d&#8217;une province, situ\u00e9e dans le d\u00e9sert de l&#8217;Afrique, et d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de Ouargla (au sud de l\u2019Alg\u00e9rie).<\/p>\n<p>Comparons ces donn\u00e9es \u00e0 celles que nous fournissent les historiens arabes, principalement Ibn Khaldoun et El-Ka\u00efraouani, et voyons jusqu&#8217;\u00e0 quel point les renseignements qu&#8217;ils nous donnent concordent avec ceux des historiens juifs. Ici nous n&#8217;avons sous les yeux que des sources peu s\u00fbres, des documents dus \u00e0 des plumes souvent hostiles, toujours indiff\u00e9rentes aux Juifs, et n&#8217;en faisant mention qu&#8217;autant que les \u00e9v\u00e9nements qui les concernent se m\u00ealent \u00e0 l&#8217;histoire des Arabes. Il est vrai que de leur c\u00f4t\u00e9 les historiens juifs ont peu \u00e9tudi\u00e9 l&#8217;histoire du peuple proprement dit, le \u2026, le \u2026, etc., ne se pr\u00e9occupent que des \u00e9coles talmudiques, des rabbins qui les ont dirig\u00e9es, et des rapports de ces derniers avec leurs coreligionnaires d&#8217;Espagne et de Syrie. Quant \u00e0 savoir quelle \u00e9tait, \u00e0 cette \u00e9poque, l&#8217;importance num\u00e9rique des Juifs de Tunisie, combien ils formaient de communaut\u00e9s, comment celles-ci s&#8217;administraient et d&#8217;o\u00f9 elles liraient leurs ressources, quels \u00e9taient les grands centres de leur activit\u00e9 morale et mat\u00e9rielle ; quant \u00e0 se demander quelles \u00e9taient leurs m\u0153urs, leurs habitudes, leurs usages, etc., personne ne s&#8217;en est occup\u00e9, et nous sommes forc\u00e9s de nous en tenir aux conjectures, et de faire \u00e0 ce sujet des suppositions plus ou moins vraisemblables.<\/p>\n<p>Le grand voyageur juif du moyen-\u00e2ge, Benjamin de Tud\u00e8le, qui parcourut, de 1160 \u00e0 1173, presque toutes les villes du monde o\u00f9 existaient des communaut\u00e9s juives, ne vint pas en Tunisie ; il se contenta d&#8217;arr\u00eater son excursion \u00e0 l&#8217;Egypte, d&#8217;o\u00f9 il regagna par mer l&#8217;Italie<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>Les historiens arabes nous parlent de diverses pers\u00e9cutions dont la Tunisie fut le th\u00e9\u00e2tre, principalement sous le r\u00e8gne agit\u00e9 d&#8217;El-Moez (1013 \u00e0 1061) et de ses successeurs Ainsi en 1045 il y eut \u00e0 Ka\u00efrouan une grande pers\u00e9cution contre les sectes h\u00e9t\u00e9rodoxes de l&#8217;islamisme. En 4050, la m\u00eame ann\u00e9e de la mort de Rab Hananel et de Rab Nissim, les Arabes d&#8217;Egypte vinrent faire la guerre \u00e0 El-Moez, pill\u00e8rent Ka\u00efrouan et se rendirent ma\u00eetres de toute la contr\u00e9e, qu&#8217;ils ruin\u00e8rent totalement. El Moez dut battre en retraite et se r\u00e9fugier \u00e0 Mahdia<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Il est impossible que les Juifs aient \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s pendant tous ces bouleversements. La mort simultan\u00e9e des deux rabbins l&#8217;ann\u00e9e m\u00eame de cette guerre fait supposer qu&#8217;ils ont succomb\u00e9 victimes de cette r\u00e9volution. Peut-\u00eatre est-ce \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement que fait allusion l&#8217;historien juif en disant : \u2026<\/p>\n<p>Il est donc permis de croire que c&#8217;est \u00e0 cette \u00e9poque que disparut en grande partie la communaut\u00e9 Juive de Ka\u00efrouan. Toutefois il dut y rester des vestiges d&#8217;un groupe organis\u00e9, sans quoi l&#8217;historien juif \u2026 aurait parl\u00e9 de cette disparition, et surtout n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 si affirmatif, lorsqu&#8217;en relatant le massacre ordonn\u00e9 par Ben Temoura, il soutient qu&#8217;\u00e0 cette \u00e9poque (1142, soit quatre-vingt-douze ans apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement), il y avait des Juifs dans toutes les villes importantes de l&#8217;Afrique, except\u00e9 \u00e0 Ouargla.<\/p>\n<p>Il est vrai que la province fut tellement secou\u00e9e et boulevers\u00e9e pendant la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIe si\u00e8cle et le commencement du XIIe, que le s\u00e9jour dut en \u00eatre intol\u00e9rable aux Juifs ; mais rien ne prouve que tonte trace d&#8217;Isra\u00e9lites ait disparu de Ka\u00efrouan \u00e0 cette \u00e9poque. Il est beaucoup plus rationnel de supposer qu&#8217;il n&#8217;y eut pas alors d&#8217;exode en masse, et qu&#8217;\u00e0 la suite des nombreuses attaques dont la ville fut le th\u00e9\u00e2tre, la plupart des Isra\u00e9lites quitt\u00e8rent la ville et all\u00e8rent chercher ailleurs un s\u00e9jour plus tranquille.<\/p>\n<p><em>Extrait du livre: \u201c<strong>Essai sur l\u2019histoire des Isra\u00e9lites de Tunisie<\/strong> depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tablissement du protectorat de la France en Tunisie\u201d. <strong>Auteur : <\/strong>David Caz\u00e8s (1851-1913). <strong>\u00c9diteur : <\/strong>A. Durlacher (Paris). <strong>Date d\u2019\u00e9dition : <\/strong>1887<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Voir El Ka\u00efrouani, loc. cit., p. 106. Voir \u00e9galement Graetz, Histoire des Juifs, trad. fran\u00e7aise, 3e vol. p. 347 et suiv.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Histoire des Juifs, trad. fran\u00e7aise, 3<sup>e<\/sup> vol., p. 324.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Voir \u2026 p. 89a, Voir aussi \u2026 p. 40b. Voir aussi \u2026 du rabbin Guedal\u00efa ben Jahia, art \u2026. Voir sur le m\u00eame sujet Graetz, Histoire des Juifs, trad. fran\u00e7aise, 3<sup>e<\/sup> vol., p. 493.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Ce document est reproduit, d&#8217;une fa\u00e7on un peu incorrecte, par l&#8217;auteur du \u2026 et dans le \u2026 M. Beer Goldberg en a publi\u00e9 une \u00e9dition sp\u00e9ciale imprim\u00e9e \u00e0 Mayence en 1873. \u2014 On sait que l&#8217;\u00e8re des S\u00e9leucides, appel\u00e9e par les rabbins \u2026 commence \u00e0 l&#8217;ann\u00e9e 310 avant J.-C, ou \u00e0 l&#8217;ann\u00e9e 3350 de la cr\u00e9ation du monde.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Voir \u2026, p. 90 b. Voir \u00e9galement Graetz, Histoire des Juifs, trad. fran\u00e7aise, 3<sup>e<\/sup> vol. p. 351.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Est-il question de S\u00e9baste en Cappadoce, ou bien de la petite ville de S\u00e9baste, en Cilicie ? Le texte h\u00e9breu donn\u00e9 par les auteurs anciens est assez obscur sur la question ; il se borne \u00e0 dire : \u2026. La Ville de d\u00e9part \u00e9tait sans doute Barr\u00e8s, en Pisidie ; or, pour que le navire ait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de traverser l&#8217;archipel grec, on est forc\u00e9 d&#8217;admettre qu&#8217;il s&#8217;ag\u00eet de S\u00e9baste en Cappadoce, et non de S\u00e9baste en Cilicie.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Voir, pour tous les d\u00e9tails de cette capture, le \u2026, p. 41 et suiv., et le \u2026.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Voir \u2026, \u00e9d. Lemberg, p. 146 et suiv.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Voir, pour tous les d\u00e9tails qui viennent d&#8217;\u00eatre cit\u00e9s, les ouvrages suivants :<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Quelques auteurs ont cru voir, dans la d\u00e9signation de Kalaa Hamad, la ville de Hamamet ou celle de Hamma, sur la route de Mehdia \u00e0 Sfax, croyant que le mot Kalaa signifiait simplement ch\u00e2teau-fort ou ville entour\u00e9e de murailles ; mais il est \u00e9vident que c&#8217;est l\u00e0 une erreur provenant de l&#8217;insuffisance, chez ces auteurs, de la connaissance du pays. Il s&#8217;agit ici de Kalaa de B\u00e9ni Hammad, fond\u00e9e par Mammad en 1008, dans le voisinage de Ka\u00efrouan. Le \u2026, qui reproduit textuellement le passage du \u2026, met, au lieu de Kalaa Hamad, les mots \u2026, ce qui veut dire Kalaa la petite, l&#8217;humble, ville qui existe encore de nos jours sous le nom de Kalaa Sgira, ainsi que Kalaa la grande, dans le voisinage \u00e9galement de Ka\u00efrouan. Son erreur provient d&#8217;une connaissance insuffisante des lieux. L\u2019auteur a d\u00fb avoir connaissance de quelques lettres adress\u00e9es par le rabbin Duran et ses descendants aux Isra\u00e9lites de Kalaa la petite; il a cru alors voir dans le \u2026 une erreur de typographie et a transform\u00e9 \u2026, changeant le \u2026 en \u2026<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> La famille Al-fassi existe encore en \u2026 Tunisie et y est tr\u00e8s respect\u00e9e. Il existe \u00e0 Tunis m\u00eame une synagogue, tr\u00e8s v\u00e9n\u00e9r\u00e9e, connue sous le nom de temple d&#8217;Al-fassi, et dont une partie des revenus appartient, de droit, aux descendants de la famille. Nous trouvons plus tard, \u00e0 Tunis, des rabbins de ce nom.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> M. de Chateaubriand, dans son Itin\u00e9raire de Paris \u00e0 J\u00e9rusalem, donne, selon Benjamin de Tud\u00e8le, d&#8217;o\u00f9 if dit l&#8217;avoir relev\u00e9 la plume \u00e0 la main, le nombre exact des Juifs habitant tes villes que le c\u00e9l\u00e8bre voyageur juif a parcourues. M. de Chateaubriand, commettant en cela la m\u00eame erreur que Constantin l&#8217;Empereur, dont il a suivi la traduction, se trompe en comprenant Tunis dans celte liste, Benjamin parle d\u2019une ville qui se trouve \u00e0 une journ\u00e9e de Damiette et qu&#8217;il appelle \u2026, en ayant soin d&#8217;ajouter \u2026, et plus loin \u2026\u00a0; enfin, pour plus d&#8217;exactitude il ajoute : \u2026. D&#8217;ailleurs la ville (ou l\u2019ile) de \u2026 est mentionn\u00e9e dans la Bible comme une ville \u00e9gyptienne (Isa\u00efe XXX, 4).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> El-Ka\u00efraouani, toc. cit. p. 139 et suiv , p. 144 et suiv.<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/2018\/12\/26\/essai-sur-lhistoire-des-israelites-de-tunisie\/\">Introduction du livre<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En m\u00eame temps qu&#8217;ils faisaient prosp\u00e9rer leur commerce, les Isra\u00e9lites-de Ka\u00efrouan ne n\u00e9gligeaient pas les \u00e9ludes h\u00e9bra\u00efques et profanes. Il s&#8217;y \u00e9tait form\u00e9 une \u00e9cole rabbinique dont la renomm\u00e9e s&#8217;\u00e9tendit au loin, et dont le chef, d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de \u2026 ou plus simplement \u2026, correspondait avec les fameuses acad\u00e9mies de Soura et de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3440,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,84],"tags":[157,122,197],"class_list":["post-3470","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","category-history","tag-israelites","tag-kairouan","tag-musulmans"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3470","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3470"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3470\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3472,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3470\/revisions\/3472"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3440"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3470"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3470"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3470"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}