{"id":320,"date":"2020-11-16T08:02:00","date_gmt":"2020-11-16T07:02:00","guid":{"rendered":"http:\/\/192.168.0.250\/news24\/?p=320"},"modified":"2021-09-12T12:41:06","modified_gmt":"2021-09-12T10:41:06","slug":"lesprit-liberal-du-coran-1905-dedicace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/2020\/11\/16\/lesprit-liberal-du-coran-1905-dedicace\/","title":{"rendered":"L&#8217;ESPRIT LIB\u00c9RAL DU CORAN &#8211; 1905 : Abdelaziz Et-T\u00e9albi"},"content":{"rendered":"<ul>\n<li>\u00c9crit en 1904 par : <strong>ABDELAZIZ ETT\u00c9ALBI: <\/strong>LEADER POLITIQUE ET RELIGIEUX TUNISIEN<\/li>\n<li>Traduit de l&#8217;arabe par: <strong>EL HADI SEBA\u00ce:<\/strong> EX SECR\u00c9TAIRE AU GOUVERNEMENT TUNISIEN &#8211; EX INTERPR\u00c8TE AU TRIBUNAL DE LA DRIBA<\/li>\n<li>Publi\u00e9 \u00e0 Paris en 1905 (\u00c9diteur, Ernest LEROUX &#8211; 28, Rue Bonaparte) avec l&#8217;appui de: <strong>C\u00c9SAR BEN ATTAR:<\/strong> AVOCAT DE ETT\u00c9ALBI, CORRESPONDANT DU MINIST\u00c8RE DE L&#8217;INSTRUCTION PUBLIQUE<\/li>\n<\/ul>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>Avant-propos<\/strong><\/h2>\n<p>Abdelaziz Ett\u00e9albi (1876-1944) naquit \u00e0 Tunis d\u2019une famille alg\u00e9rienne, son grand-p\u00e8re Abderrahmane Th\u00e2albi, un savant alg\u00e9rien qui combattit les fran\u00e7ais qui envahirent son pays (l\u2019Alg\u00e9rie) en 1830. Se toucha par des balles dans la poitrine, il eut un r\u00f4le distingu\u00e9. Il refusa les grandes tentations que le colonialisme lui proposa, comme le poste de juge des juges. Il quitta sa ville (Bejaia) \u00e0 Tunis, laissa derri\u00e8re lui, sa maison, sa propri\u00e9t\u00e9, ses biens, sa famille et sa patrie.<\/p>\n<p>Abdelaziz Ett\u00e9albi, apprit le Noble Coran d\u00e8s son jeune \u00e2ge, il \u00e9tudia la grammaire, la doctrine et les m\u0153urs islamique, avant de rejoindre la mosqu\u00e9e Ez-Zitouna, dans laquelle il passa sept ans, en 1894, avant m\u00eame d&#8217;obtenir son dipl\u00f4me \u00ab Ettatoui\u00ee \u00bb, qu\u00eate de protestation contre le syst\u00e8me \u00e9ducatif et la qualit\u00e9 de l\u2019enseignement \u00ab Zeytounien \u00bb.<\/p>\n<p>Pour le bien de son peuple, et de sa nation arabe et islamique, il s&#8217;impliqua dans la vie publique, luttant pour l&#8217;amour de Dieu et de sa Patrie. Portant son int\u00e9r\u00eat \u00e0 la presse, en 1895 il fonda le journal \u00ab <em>Sabilou Arrached<\/em> \u00bb et contribua \u00e0 la fondation du journal \u00ab <em>Al-Hadhira<\/em> \u00bb et dirigea, avec <em>Ali Bach Hanba<\/em>, la version arabe du journal \u00ab <em>Attounisi <\/em>\u00bb (Le Tunisien).<\/p>\n<p>En 1896, il quitta la Tunisie pour l\u2019Egypte o\u00f9 il rejoignit <em>Cheikh Mohamed Abdah,<\/em> <em>Cheik Rachid Ridha<\/em> et le r\u00e9volutionnaire <em>Abderrahmane El-Kawakibi,<\/em> tant il fut sensible \u00e0 leurs appels pour la reforme aussi bien religieuse que sociale.<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Tunis en 1904, il propagea les id\u00e9es r\u00e9formistes de <em>Jamel Al-Din Al-Afghani<\/em> (1838-1896), du mufti \u00e9clair\u00e9, l\u2019\u00c9gyptien <em>Mohamed Abdah <\/em>(1849-1905) et de <em>Rachid Ridha<\/em> (1865-1935), animateur du journal <em>Al-Manar<\/em>.<\/p>\n<p>A peine rentr\u00e9 d&#8217;Orient qu&#8217;un groupe de savants et de littr\u00e9s l&#8217;entourait et poursuivait son ombre, impressionn\u00e9s par la douceur de son expression, l&#8217;\u00e9loquence de sa logique, la force de ses arguments et sa capacit\u00e9 \u00e0 analyser les sujets de mani\u00e8re implacable, sans ennui ni l\u00e9thargie. Il visita les mosqu\u00e9es et les caf\u00e9s de Tunis.<\/p>\n<p>\u00c0 la suite de propos hostiles \u00e0 un marabout tr\u00e8s connu et c\u00e9l\u00e8bre dans le milieu populaire traditionnel tunisien (<em>Sidi Bel Hassan Ech-Chedeli<\/em>). Des cheikhs traditionnalistes Zeitouniens, lui intentent un proc\u00e8s d\u2019opinion le 23 juillet 1904, Condamn\u00e9 \u00e0 deux mois de prison, il profite de cette incarc\u00e9ration pour mettre ses r\u00e9flexions sur papier<\/p>\n<p>Il c\u00f4toya son avocat Me C\u00e9sar Ben Attar, qui lui proposa de faire entendre sa voix lib\u00e9rale en dehors de la Tunisie, \u00e0 savoir, dans le milieu politique fran\u00e7ais. \u00a0C\u2019est dans ce contexte, que le pr\u00e9dicateur, Abdelaziz Ett\u00e9albi, et par l\u2019encouragement de son avocat, il r\u00e9plique par ce livre, \u00ab\u00a0L\u2019esprit lib\u00e9ral du Coran\u00a0\u00bb, traduit en langue fran\u00e7aise par El Hedi Esseb\u00eei (interpr\u00e8te judiciaire).<\/p>\n<p>Imprim\u00e9 et publi\u00e9 \u00e0 Paris par l\u2019interm\u00e9diaire de C\u00e9sar Ben Attar (avocat juif).<\/p>\n<p>A la suite des incidents du cimeti\u00e8re Al-Jallaz survenus en 1912, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9 en France qu\u2019il quitte quelque temps apr\u00e8s, pour se rendre d\u2019abord en Turquie puis au Moyen Orient. De retour en Tunisie en 1914, il \u00e9crit son livre intitul\u00e9 \u00ab La Tunisie Martyre : Ses revendications \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est en 1919 qu\u2019il fonda le Parti libre du Destour tunisien (Parti libre constitutionnel tunisien \u00bb, dont la cr\u00e9ation officielle fut annonc\u00e9e officiellement le 3 Juin 1920.<\/p>\n<p>En 1923, il quitte la Tunisie pour \u00e9migrer en France puis en Italie et enfin aux proche et extr\u00eame Orient. De retour en Tunisie en 1937, et \u00e0 la suite de son diff\u00e9rend avec Bourguiba, il se retire de la vie politique pour se consacrer aux affaires de sa famille jusqu\u2019\u00e0 sa mort le 1<sup>er<\/sup> Octobre 1944.<\/p>\n<p>Il s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e0 la langue arabe en tant que l\u2019une des composantes essentielles de l\u2019entit\u00e9 nationale, lui consacrant, dans son ouvrage \u00ab La Tunisie martyre \u00bb, plusieurs passages pour la d\u00e9fendre et promouvoir son enseignement et sa vulgarisation.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3><strong>C\u00c9SAR BEN ATTAR<\/strong><\/h3>\n<p>C\u00e9sar Ben Attar (1868-1937), Avocat au barreau de Tunis et correspondant du Minist\u00e8re de l\u2019instruction publique, est un tunisien descendant d\u2019une famille juive\u00a0: Ha\u00efm, Abraham, Nissim, Albert et C\u00e9sar Ben Attar, des fr\u00e8res avec leurs 582 hectares \u00e0 <em>Henchir El Guedya<\/em> et <em>Henchir Techga<\/em>, ils sont consid\u00e9r\u00e9s parmi les juifs riches de Tunisie.<\/p>\n<p>En 1901, il publie \u00ab\u00a0<em>l\u2019Histoire du petit serpent vert, de la fille du marchand et de la sorci\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb. En 1923, il \u00e9dite \u00e0 Paris \u00ab\u00a0<em>Le Bled en lumi\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb, un recueil de contes qui fait une large place au folklore des Juifs tunisiens. Il r\u00e9dige \u00e9galement une \u00e9tude intitul\u00e9e \u00ab <em>Les colonies isra\u00e9lites de Tunisie<\/em> \u00bb publi\u00e9e dans Histoire de la ville de Tunis de Roger Dessort en 1926.<\/p>\n<p>En 1924, il \u00e9crit un conte appel\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Le cin\u00e9ma aux enfers<\/em>\u00a0\u00bb qui fait un bilan du protectorat fran\u00e7ais de Tunisie, mettant en sc\u00e8ne des personnalit\u00e9s comme <em>Mustapha Khaznadar, Khair-Eddine Pacha<\/em> et <em>Charles Lavigerie <\/em>(Archev\u00eaque de Carthage).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 \u00ab l\u2019Esprit lib\u00e9ral du Coran \u00bb dans l\u2019\u00e9dition de 1905, C\u00e9sar Ben Attar appara\u00eet en 1er avec Abdelaziz Ett\u00e9albi et El Hedi Seba\u00ef. Alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, C\u00e9sar Ben Attar n\u2019est pas l\u2019auteur du livre, comme il para\u00eet \u00e0 l\u2019esprit du lecteur.<\/p>\n<p>Dans des versions r\u00e9centes<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, C\u00e9sar Ben Attar est mentionn\u00e9 comme \u00e9tant l\u2019auteur unique du livre. C\u2019est une falsification, chose que je peux la qualifier d\u2019un \u00ab viol du droit de l\u2019auteur \u00bb que personne, en l\u2019absence d\u2019un \u00e9veil intellectuel en Tunisie, ne se permet de le d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>Juif, riche, bien plac\u00e9 aupr\u00e8s du gouvernement tunisien aussi que les autorit\u00e9s fran\u00e7aises<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, fut l\u2019avocat de Abdelaziz Ett\u00e9albi dans son c\u00e9l\u00e8bre proc\u00e8s du 23 juillet 1904. Ce proc\u00e8s qui a fini par l\u2019emprisonnement de Th\u00e2albi de 2 mois de prisons fermes, apr\u00e8s son combat f\u00e9roce et sans merci contre les confr\u00e9ries des marabouts\u00a0; ainsi que les id\u00e9es conservatrices des \u00ab\u00a0Cheikhs Zeitounien\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>Le chercheur, \u00e9crivain et historien Hammadi Al-Sahili (1928 \u2013 2002) a rapport\u00e9 son t\u00e9moignage sur ce livre et a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab D\u00e8s sa sortie de prison, Cheikh Abdelaziz Ett\u00e9albi <strong>a \u00e9crit un livre en arabe<\/strong> pour r\u00e9pondre \u00e0 ses opposants et montrer l&#8217;islam dans la manifestation de la religion fond\u00e9e sur les fondements de la justice, de la libert\u00e9 et de la tol\u00e9rance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s des discussions tr\u00e8s rapproch\u00e9es entre l\u2019avocat et son \u00ab\u00a0client\u00a0\u00bb durant son incarc\u00e9ration. Il se peut que l\u2019id\u00e9e de publier les \u00ab\u00a0pens\u00e9es lib\u00e9ratrices\u00a0\u00bb d\u2019Ett\u00e9albi dans un livre en langue fran\u00e7aise, fut de C\u00e9sar Ben Attar. Il reste \u00e0 trouver un ami qui s\u2019occupe de la traduction du livre en langue fran\u00e7aise, t\u00e2che attribuait au professeur El Hedi Seba\u00ef.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3><strong>El Hedi sebA\u00cf<\/strong><\/h3>\n<p>Est un \u00ab\u00a0Sadiki<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>\u00a0\u00bb, interpr\u00e8te aupr\u00e8s du tribunal de la <em>Driba<\/em> (Tunis), ex-secr\u00e9taire au gouvernement tunisien. Connu par ses id\u00e9es lib\u00e9ratrices et son engagement pour une Tunisie libre et prosp\u00e8re.<\/p>\n<p>Notre traducteur a v\u00e9cu \u00e0 cette \u00e9poque (1875-1930), connue par la pr\u00e9sence croissante des communaut\u00e9s europ\u00e9ennes \u2013 en France comme en Tunisie- et l\u2019\u00e9mergence d&#8217;une \u00e9lite, d&#8217;intellectuels, de journalistes, amenant une vague d\u2019id\u00e9es de gauche<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, qui pr\u00f4ne la la\u00efcit\u00e9, l&#8217;\u00e9ducation, la justice sociale, la lib\u00e9ration et l\u2019\u00e9mancipation des peuples.<\/p>\n<p><strong>Mehdi Ben Hamida<\/strong><br \/><strong>Lausanne, le 15 novembre 2020<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00c9diteur : Fb&amp;c Limited, 7 mai 2018 (110 pages), ISBN 0666290946, 9780666290946. Une autre version du 14 mars 2018 (108 pages), ISBN : 0364587059, 9780364587058<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> En 1900 Il fut nomm\u00e9 officier de l\u2019acad\u00e9mie fran\u00e7aise pour services rendus \u00e0 la science. Cette nomination a \u00e9t\u00e9 faite sur la proposition de M. Gauckler, directeur des Antiquit\u00e9s et BeauxArts, \u00e0 l\u2019occasion des fouilles qu\u2019il a pratiqu\u00e9es depuis quinze mois dans la propri\u00e9t\u00e9 de M. Ben Attar \u00e0 Dermech (Carthage).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Un conseil scientifique fond\u00e9 par Ahmed Bey en 1842, il se compose de Cheikh Al-Islam Al-Hanafi, d&#8217;Al-Mufti Al-Maliki, d&#8217;un juge Hanafi et d&#8217;un autre Maliki, ainsi que d&#8217;un conseil officiel compos\u00e9 de trente enseignants.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Dipl\u00f4m\u00e9 du \u00ab\u00a0Coll\u00e8ge Sadiki\u00a0\u00bb (en arabe : \u0627\u0644\u0645\u062f\u0631\u0633\u0629 \u0627\u0644\u0635\u0627\u062f\u0642\u064a\u0629). Le premier lyc\u00e9e franco-arabe de Tunisie. Fond\u00e9 par en 1875, apr\u00e8s un processus de renaissance et de modernisation commenc\u00e9 en 1840.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Khair-Eddine B\u00eacha En effet, en 1905 \u00e0 Paris, le congr\u00e8s du Globe signe l\u2019unification du socialisme fran\u00e7ais (union du PSDF et du PSF), donnant suite au congr\u00e8s socialiste international d&#8217;Amsterdam de 1904.<\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\">D\u00c9DICACE<\/h2>\n<figure id=\"attachment_3260\" aria-describedby=\"caption-attachment-3260\" style=\"width: 155px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3260 size-full\" src=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Ernest-VALLE.jpg\" alt=\"Ernest VALL\u00c9\" width=\"155\" height=\"225\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3260\" class=\"wp-caption-text\"><em>M<sup>e<\/sup> Ernest VALL\u00c9 (1845-1920)<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong><em data-rich-text-format-boundary=\"true\">A Monsieur VALL\u00c9,<\/em><\/strong><br data-rich-text-line-break=\"true\" \/><em>s\u00e9nateur, ancien ministre de la Justice <sup>(*)<\/sup><br \/><\/em><\/p>\n<p>MONSIEUR LE S\u00c9NATEUR,<\/p>\n<p>Permettez-nous de vous d\u00e9dier, titre d&#8217;hommage respectueux, notre ouvrage &#8220;<strong><em>l&#8217;Esprit lib\u00e9ral du Coran<\/em><\/strong>&#8220;. Nous ne saurions choisir de meilleurs auspices que les v\u00f4tres, car nous connaissons tous. la lib\u00e9ralit\u00e9 de votre esprit et nous savons l&#8217;importance de l&#8217;\u0153uvre sociale, qu&#8217;a accomplie le minist\u00e8re, dont vous avez fait partie pendant pr\u00e8s de trois ans.<\/p>\n<p>Notre \u0153uvre ne tend qu&#8217;\u00e0 un but essentiellement social : le rapprochement d\u00e9coulant du Coran et des Hadiths et s&#8217;imposant entre Musulmans et non Musulmans. Ce but, nous l&#8217;atteignons par l&#8217;interpr\u00e9tation litt\u00e9rale et rationnelle des deux seules sources de la religion musulmane du Coran, et des Hadiths (commentaires du Coran, faits par Mahomet et propos tenus par lui pendant son existence). Ainsi, nous croyons faire \u0153uvre utile et n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re et \u00e0 l&#8217;action civilisatrice de la France et des nations europ\u00e9ennes en g\u00e9n\u00e9ral dans les pays musulmans.<\/p>\n<p>L&#8217;id\u00e9e, cause de notre ouvrage, nous a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par le vote, par la Chambre des D\u00e9put\u00e9s, de l&#8217;ordre du jour Jaur\u00e8s, au sujet de la p\u00e9n\u00e9tration pacifique du Maroc. D&#8217;aucuns, et c&#8217;est le grand nombre, ont qualifi\u00e9 de pure utopie cette id\u00e9e de l&#8217;\u00e9minent orateur et philosophe socialiste. Pour nous, qui connaissons l&#8217;Orient, pour y avoir v\u00e9cu, pour y vivre encore, en contact continu avec les Musulmans et tous les \u00e9l\u00e9ments disparates de sa population, nous avons admir\u00e9 sans r\u00e9serves le don d&#8217;intuition, que la science seule a inspir\u00e9 \u00e0 l&#8217;admirable sociologue, et nous avons t\u00e2ch\u00e9, dans notre \u0153uvre, de contribuer \u00e0 cette p\u00e9n\u00e9tration pacifique et de d\u00e9montrer aux Musulmans qu&#8217;ils peuvent, qu&#8217;ils doivent m\u00eame, aux termes de leur religion, se laisser diriger, nous dirons m\u00eame se donner enti\u00e8rement \u00e0 la France, sans porter atteinte aux pr\u00e9ceptes de leur religion ni \u00e0 leurs croyances.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode que nous avons suivie, est la suivante : nous avons d&#8217;abord d\u00e9fini la religion musulmane, qui n&#8217;est pas, d&#8217;apr\u00e8s le Coran, une religion faite pour les seuls Arabes, mais une religion en quelque sorte universelle, puisque, toujours d&#8217;apr\u00e8s le Coran, elle doit s&#8217;\u00e9tendre \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re. Nous avons ensuite d\u00e9montr\u00e9 que le corail impose, d\u00e8s le septi\u00e8me si\u00e8cle (le l&#8217;\u00e8re chr\u00e9tienne, l&#8217;instruction obligatoire pour tous les adeptes la reconnaissance et le respect de toutes les autres religions monoth\u00e9istes, qu&#8217;elle leur prescrit avant toutes choses la libert\u00e9 de croyance et le respect de toutes les opinions, qu&#8217;elle recommande l&#8217;amour du prochain, qu&#8217;elle admet le mariage entre Musulmans et femmes non musulmanes et qu&#8217;elle ordonne aux maris le respect de la religion de leurs femmes, et leur impose l&#8217;obligation de leur laisser exercer librement leurs cultes et de les aider dans l&#8217;accomplissement de cet exercice.<\/p>\n<p>Nous avons enfin d\u00e9montr\u00e9 que la religion musulmane consacre le principe d&#8217;\u00e9ternelles r\u00e9compenses pour tous les hommes vertueux de toutes les autres religions. Toutes ces d\u00e9monstrations nous les avons \u00e9tay\u00e9es de versets du Coran et de propos des Hadiths.<\/p>\n<p>Nous nous sommes permis une seule digression. Nous avons voulu, bien que cela ne f\u00eet partie qu&#8217;accessoirement de notre sujet, \u00e9tablir que la femme musulmane ne doit pas \u00eatre l&#8217;\u00e9ternelle recluse, frapp\u00e9e d&#8217;ostracisme, l&#8217;instrument de plaisir, que les faux interpr\u00e9tateurs ont voulu pr\u00e9senter, mais la m\u00e8re de famille, la compagne du mari, soucieuse de ses int\u00e9r\u00eats et des int\u00e9r\u00eats de ses enfants, ayant droit \u00e0 sa place au foyer, l&#8217;existence, au soleil, tout comme la femme europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Ensuite, nous appuyant sur des faits scrupuleusement contr\u00f4l\u00e9s par l&#8217;histoire, nous avons fait la preuve que l&#8217;interpr\u00e9tation lib\u00e9rale du Coran, que nous avons adopt\u00e9e, a fait avancer la civilisation musulmane au-del\u00e0 de toutes les civilisations co-existantes pendant les premiers si\u00e8cles de l&#8217;Islam.<\/p>\n<p>Nous avons ensuite \u00e9tabli comment l&#8217;interpr\u00e9tation fausse, erron\u00e9e, haineuse et n\u00e9faste, due en grande partie aux confr\u00e9ries, a bris\u00e9 cet \u00e9lan merveilleux de la civilisation musulmane et a fait r\u00e9trograder les peuples musulmans non seulement jusqu&#8217;aux premiers temps de l&#8217;Islam, mais encore jusqu&#8217;aux premiers temps de l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>C&#8217;est par cette interpr\u00e9tation, que pour la plupart des musulmans la religion musulmane n&#8217;est plus la religion musulmane, mais une esp\u00e8ce d&#8217;idol\u00e2trie, une adoration de chefs de sectes et de chefs de confr\u00e9ries.<\/p>\n<p>Enfin, nous avons souhait\u00e9 que par une interpr\u00e9tation litt\u00e9rale, rationnelle, scientifique, lib\u00e9rale et vraie en un mot du Coran et des Hadiths, les peuples musulmans revinssent leur splendeur intellectuelle pass\u00e9e et nous avons estim\u00e9 qu&#8217;avec la collaboration civilisatrice de la France, des enfants de ceux qui ont proclam\u00e9 les principes de la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, les esprits musulmans, d\u00e9barrass\u00e9s enfin de toutes superstitions et de tous pr\u00e9jug\u00e9s, pourront contribuer un jour, en collaboration avec leurs Protecteurs, \u00e0 l&#8217;avancement commun de la civilisation mondiale.<\/p>\n<p>Des esprits comme le v\u00f4tre, Monsieur le S\u00e9nateur, ne peuvent pas douter (le cette v\u00e9rit\u00e9 scientifique et humaine\u00a0; et c&#8217;est parce que votre pass\u00e9 politique nous r\u00e9pond de la lib\u00e9ralit\u00e9 de votre esprit, de votre d\u00e9vouement votre patrie, la France, qui est la patrie do toutes les intelligences, de tous les g\u00e9nies et de l&#8217;humanit\u00e9 enti\u00e8re, que nous vous d\u00e9dions notre opuscule et que nous vous choisissons pour son protecteur, pour le pr\u00e9senter aux peuples musulmans et \u00e0 la France.<\/p>\n<p>Daignez agr\u00e9er, Monsieur le S\u00e9nateur, l&#8217;hommage de notre profond respect et de notre reconnaissance infinie,<\/p>\n<p><strong><em>Sign\u00e9 : C. BENATTAR, ABDELAZIZ ETTEALBI, EL HADI ESSEBAAI.<\/em><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>R\u00e9ponse de M Ernest Vall\u00e9:<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong><em>\u00c0 MM. Benattar, Abdelaziz Ett\u00e9albi, El Hadi Esseba\u00e0i<\/em><\/strong><\/p>\n<p>MESSIEURS,<\/p>\n<p>Vous avez bien voulu m&#8217;entretenir, pendant mon court s\u00e9jour \u00e0 Tunis, de votre livre en pr\u00e9paration\u00a0: \u00ab\u00a0l&#8217;Esprit lib\u00e9ral du Coran\u00a0\u00bb, o\u00f9 vous entendez d\u00e9montrer que la Religion Musulmane impose, avant toutes choses, la libert\u00e9 de croyance ainsi que le respect des diff\u00e9rentes opinions, l&#8217;amour du prochain et le rel\u00e8vement de la femme. Vous me demandez maintenant d&#8217;en accepter la d\u00e9dicace.<\/p>\n<p>Comment ne r\u00e9pondrais-je pas affirmativement \u00e0 une offre aussi flatteuse ? La justice, que vous r\u00e9clamez pour chacun, est la sauvegarde n\u00e9cessaire de la libert\u00e9 morale, source de toutes les autres libert\u00e9s. J&#8217;ai trop conscience de cette v\u00e9rit\u00e9 pour ne pas applaudir \u00e0 votre g\u00e9n\u00e9reux effort.<\/p>\n<p>Mon nom sera-t-il d&#8217;un grand secours ? Je n&#8217;ai pas la pr\u00e9tention d&#8217;y croire. Aussi ma reconnaissance n&#8217;en est-elle que plus vive et je vous demande de la manifester en souhaitant \u00e0 votre \u0153uvre le succ\u00e8s que m\u00e9ritent les hommes de c\u0153ur et de talent, qui l&#8217;ont entreprise.<\/p>\n<p><em><strong>Sign\u00e9 : VALL\u00c9<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>(*) Ernest VALL\u00c9 (Avocat):<\/em><\/p>\n<ul>\n<li><em>D\u00e9put\u00e9 de la Marne de 1889 \u00e0 1898.<\/em><\/li>\n<li><em>S\u00e9nateur de la Marne de 1898 \u00e0 1920.<\/em><\/li>\n<li><em>Sous-secr\u00e9taire d&#8217;Etat \u00e0 l&#8217;Int\u00e9rieur du 28 juin au 26 octobre 1898.<\/em><\/li>\n<li><em>Ministre de la Justice du 7 juin 1902 au 18 janvier 1905.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n\n\n<h2><strong><a href=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/2018\/12\/26\/lesprit-liberal-du-coran-1\/\">1<sup>\u00e8re<\/sup> partie du livre: &#8220;L&#8217;ESPRIT LIB\u00c9RAL DU CORAN&#8221;<\/a><\/strong><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La religion musulmane, qui n&#8217;est pas, d&#8217;apr\u00e8s le Coran, une religion faite pour les seuls Arabes, mais une religion en quelque sorte universelle, puisque, toujours d&#8217;apr\u00e8s le Coran, elle doit s&#8217;\u00e9tendre \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3266,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"image","meta":[],"categories":[8,18],"tags":[213,233,198,232,230,234,231],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/320"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=320"}],"version-history":[{"count":29,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/320\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3602,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/320\/revisions\/3602"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3266"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=320"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=320"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=320"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}