{"id":308,"date":"2018-12-26T07:53:03","date_gmt":"2018-12-26T07:53:03","guid":{"rendered":"http:\/\/192.168.0.250\/news24\/?p=308"},"modified":"2020-11-07T08:55:46","modified_gmt":"2020-11-07T07:55:46","slug":"la-civilisation-carthaginoise-les-instruments-de-la-puissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/2018\/12\/26\/la-civilisation-carthaginoise-les-instruments-de-la-puissance\/","title":{"rendered":"La civilisation carthaginoise: les instruments de la puissance"},"content":{"rendered":"<h3>La flotte et l&#8217;arm\u00e9e<\/h3>\n<p>Carthage poss\u00e9dait une flotte de premier plan. H\u00e9riti\u00e8re de la c\u00e9l\u00e8bre flotte tyrienne, elle comptait plusieurs milliers de navires construits par des artisans exp\u00e9riment\u00e9s et habiles. Les arsenaux de Carthage furent parmi les plus c\u00e9l\u00e8bres de toute l&#8217;Antiquit\u00e9 ; les marins eux-m\u00eames avaient une profonde connaissance de la mer et quoique ignorant la boussole, ils arrivaient \u00e0 se guider d&#8217;apr\u00e8s la grande Ourse.<\/p>\n<p>En temps de guerre, l&#8217;\u00c9tat r\u00e9quisitionnait les navires de commerce et leurs \u00e9quipages pour le transport des troupes et du mat\u00e9riel. Il semble bien, qu&#8217;en temps de paix, la marine officielle ne f\u00fbt jamais tr\u00e8s nombreuse, servant simplement \u00e0 prot\u00e9ger les convois contre les pirates ou \u00e0 garder les abords des zones d&#8217;exclusivit\u00e9 carthaginoise en mati\u00e8re de commerce. Mais, en temps de guerre, l&#8217;\u00c9tat peut mettre en circulation jusqu&#8217;\u00e0 350 navires \u00e0 la fois. L&#8217;\u00c9tat carthaginois \u00e9tait d&#8217;ailleurs plein d&#8217;initiatives et donnait un appui sans r\u00e9serve \u00e0 tous les efforts d&#8217;expansion \u00e9conomique ou de cr\u00e9ations de monopoles.<\/p>\n<p>Ainsi, il n&#8217;h\u00e9sita pas \u00e0 organiser les audacieux p\u00e9riples d&#8217;Hannon et d&#8217;Himilcon, s&#8217;ing\u00e9niant \u00e0 d\u00e9pister les suiveurs et \u00e0 les effrayer en r\u00e9pandant des bruits terrifiants sur les routes maritimes menant aux zones d&#8217;influence carthaginoises, veillant ainsi jalousement \u00e0 ce que ces exp\u00e9ditions soient envelopp\u00e9es du secret et du myst\u00e8re les plus totaux. Enfin il intervenait souvent par la diplomatie ou par la force pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats de ses ressortissants. Lorsque l&#8217;int\u00e9r\u00eat l&#8217;exigeait, l&#8217;\u00c9tat intervenait donc, soutenant sa politique d&#8217;expansion par l&#8217;arm\u00e9e. Celle-ci \u00e9tait essentiellement constitu\u00e9e de mercenaires.<\/p>\n<p>Certes, il y avait au d\u00e9but des corps d&#8217;\u00e9lite compos\u00e9s de citoyens, tels les 2 500 jeunes aristocrates du bataillon sacr\u00e9 qui se firent tuer jusqu&#8217;au dernier en Sicile. Mais soucieuse de m\u00e9nager le sang de ses citoyens, Carthage ne voulut plus les mobiliser qu&#8217;en cas de danger imminent mena\u00e7ant l&#8217;existence m\u00eame de la ville. Pendant les guerres puniques, par exemple, le gros de l&#8217;arm\u00e9e \u00e9tait constitu\u00e9 par des mercenaires, des contingents compos\u00e9s de sujets \u00e0 qui \u00e9tait impos\u00e9e une sorte de service militaire et des troupes auxiliaires fournies par les rois vassaux de Carthage.<\/p>\n<p>Le concours des cavaliers numides \u00e9tait particuli\u00e8rement pr\u00e9cieux pour cette arm\u00e9e qui posait de nombreux probl\u00e8mes d&#8217;organisation et de maniement. En effet, en son sein se groupaient les repr\u00e9sentants des races, des langues, des religions et des traditions les plus diverses. Le grand m\u00e9rite d&#8217;Hannibal, ce fut d&#8217;avoir r\u00e9ussi \u00e0 donner une \u00e2me \u00e0 cette mosa\u00efque de soldats qu&#8217;\u00e9tait l&#8217;arm\u00e9e carthaginoise. Il groupa ses hommes en corps nationaux encadr\u00e9s par des officiers de leur race, mais command\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9chelon sup\u00e9rieur par des chefs carthaginois et affect\u00e9s \u00e0 des t\u00e2ches sp\u00e9cialis\u00e9es selon leur armement et leurs traditions nationales.<\/p>\n<p>Les Carthaginois firent, d&#8217;autre part, progresser l&#8217;art des si\u00e8ges et des fortifications. Les remparts de leur ville, longs de 34 km, hauts de 13 m, larges de 8 m et comportant une tour tous les 60 m avec de multiples casernes et des \u00e9curies pour 300 \u00e9l\u00e9phants et 4000 chevaux plong\u00e8rent tous les contemporains dans l&#8217;admiration. De m\u00eame, les Carthaginois firent figure originale en transportant en Occident cette pratique de guerre qui n&#8217;existait qu&#8217;en Orient et qui consistait \u00e0 utiliser les \u00e9l\u00e9phants comme \u00ab chars d&#8217;assaut \u00bb dans les affrontements.<\/p>\n<p>Cependant cette arm\u00e9e carthaginoise posait deux probl\u00e8mes : &#8211; Un probl\u00e8me financier : elle \u00e9tait d&#8217;un entretien fort co\u00fbteux. &#8211; Un probl\u00e8me politique : celui des chefs, de leur place dans l&#8217;\u00c9tat ou de leurs rapports avec les civils. Le recours \u00e0 des mercenaires conf\u00e9rait une gravit\u00e9 particuli\u00e8re \u00e0 ces deux probl\u00e8mes car, d&#8217;une part les mercenaires pouvaient faire valoir leurs exigences financi\u00e8res par la force (la guerre des mercenaires qui mit Carthage en difficult\u00e9 le prouva bien) ; d&#8217;autre part, \u00e9trangers et soldats de m\u00e9tier, ils pouvaient, ob\u00e9issant aveuglement \u00e0 leur chef, l&#8217;aider \u00e0 tenter un coup d&#8217;\u00c9tat.<\/p>\n<h3>Les institutions politiques<\/h3>\n<p>La constitution de Carthage \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e par les anciens comme le type m\u00eame de la constitution mixte groupant les meilleurs \u00e9l\u00e9ments des trois principaux r\u00e9gimes politiques, monarchique, aristocratique et d\u00e9mocratique. N&#8217;\u00e9tait-elle pas, en effet, caract\u00e9ris\u00e9e par un pouvoir ex\u00e9cutif fort, de type monarchique, un conseil restreint mais permanent de type aristocratique et une assembl\u00e9e populaire de type d\u00e9mocratique ? En fait, \u00c9tat colonial et commer\u00e7ant, Carthage a \u00e9t\u00e9 d\u00e8s sa fondation dans la d\u00e9pendance d&#8217;une aristocratie de commer\u00e7ants, de marins et de pr\u00eatres. Il est vrai qu&#8217;\u00e9tant donn\u00e9 le caract\u00e8re insuffisant et tr\u00e8s vague des renseignements que nous fournit Aristote, dans sa Politique, sur la constitution de Carthage, on peut difficilement en \u00e9voquer le m\u00e9canisme avec pr\u00e9cision.<\/p>\n<p>Cependant, il semble bien que la cit\u00e9 ait connu un r\u00e9gime monarchique au d\u00e9but auquel avaient succ\u00e9d\u00e9 par la suite les deux suff\u00e8tes. C&#8217;\u00e9taient \u00e0 la fois des juges et des \u00ab leaders politiques \u00bb qui \u00e9taient \u00e9lus pour un an par l&#8217;assembl\u00e9e populaire et qui devaient remplir certaines conditions de naissance et de fortune. Ces suff\u00e8tes r\u00e9unissaient et pr\u00e9sidaient le S\u00e9nat et l&#8217;assembl\u00e9e populaire et rendaient la justice, mais n&#8217;avaient aucune attribution militaire. Le commandement des arm\u00e9es revenait \u00e0 des g\u00e9n\u00e9raux \u00e9lus pour une p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e (la dur\u00e9e d&#8217;une guerre par exemple).<\/p>\n<p>Tous les citoyens pouvaient, en th\u00e9orie, \u00eatre \u00e9lus g\u00e9n\u00e9raux, mais en fait le commandement militaire revenait traditionnellement aux membres de certaines grandes familles comme les Magonides ou les Barcides. La situation des g\u00e9n\u00e9raux avait quelque chose de p\u00e9rilleux dans la mesure o\u00f9 l&#8217;aristocratie carthaginoise, soucieuse de pr\u00e9server ses privil\u00e8ges, se m\u00e9fiait des hommes de g\u00e9nie et ch\u00e2tiait les m\u00e9diocres. Cette attitude \u00e9tait parfois paralysante pour les g\u00e9n\u00e9raux en campagne qui, souvent, \u00e9vitaient de prendre des initiatives dont ils pourraient avoir \u00e0 rendre compte. Un S\u00e9nat groupant 300 membres choisis dans la classe aristocratique et se renouvelant probablement par cooptation discutait des affaires int\u00e9ressant la politique \u00e9trang\u00e8re, la guerre et la paix, le recrutement des arm\u00e9es et l&#8217;administration des colonies. En cas de conflit entre le S\u00e9nat et les suff\u00e8tes, on faisait intervenir, semble-t-il, l&#8217;assembl\u00e9e populaire.<\/p>\n<p>D\u00e8s le III<sup>e<\/sup> s. trente s\u00e9nateurs si\u00e9geaient en permanence pour r\u00e9gler au jour le jour, les questions urgentes. Une large part du pouvoir revenait \u00e0 de multiples comit\u00e9s de cinq membres, \u00ab les pentarchies \u00bb, qui se recrutaient par cooptation et \u00e9taient charg\u00e9s du contr\u00f4le de certains domaines administratifs. Une surveillance g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tait d\u00e9volue \u00e0 un tribunal de cent quatre membres dont le r\u00f4le \u00e9tait comparable \u00e0 celui des \u00e9phores \u00e0 Sparte et qui faisait r\u00e9gner la terreur partout. Ce tribunal devait essentiellement parer \u00e0 toute tentative de coup d&#8217;\u00e9tat ou de tyrannie. Il arrivait \u00e9galement qu&#8217;il exp\u00e9di\u00e2t les g\u00e9n\u00e9raux vaincus au supplice.<\/p>\n<p>On conna\u00eet assez mal le r\u00f4le de l&#8217;assembl\u00e9e populaire qui \u00e9lisait les g\u00e9n\u00e9raux et les suff\u00e8tes, arbitrait les conflits \u00e9ventuels entre S\u00e9nat et suff\u00e8tes, mais qui, avant le II<sup>e<\/sup> s., ne semble pas avoir jou\u00e9 de r\u00f4le politique important Il est cependant certain qu&#8217;\u00e0 la veille de sa chute, Carthage avait r\u00e9form\u00e9 sa constitution dans un sens r\u00e9solument d\u00e9mocratique en \u00e9largissant la comp\u00e9tence de son assembl\u00e9e populaire, dont le r\u00f4le \u00e9tait restreint, jusque l\u00e0, \u00e0 \u00ab l&#8217;\u00e9lection \u00bb de g\u00e9n\u00e9raux et de suff\u00e8tes qui devaient remplir certaines conditions de naissance et de fortune et qui appartenaient donc \u00e0 la noblesse.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3179\" aria-describedby=\"caption-attachment-3179\" style=\"width: 600px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3179\" src=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Inscription-punique-de-Carthage-300x147.png\" alt=\"Inscription punique de Carthage, Mus\u00e9e de Carthage\" width=\"600\" height=\"294\" srcset=\"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Inscription-punique-de-Carthage-300x147.png 300w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Inscription-punique-de-Carthage-1024x501.png 1024w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Inscription-punique-de-Carthage-768x376.png 768w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Inscription-punique-de-Carthage-1536x751.png 1536w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Inscription-punique-de-Carthage.png 1668w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3179\" class=\"wp-caption-text\"><strong><em>Inscription punique de Carthage, Mus\u00e9e de Carthage:<\/em><\/strong> <em>Texte de plusieurs lignes grav\u00e9 sur une dalle de calcaire noir d\u00e9couverte en 1964, hors de son contexte. Elle est tronqu\u00e9e \u00e0 gauche. Ce texte a fait l&#8217;objet de plusieurs traductions non d\u00e9finitives pour certains mots. Il comm\u00e9more la r\u00e9alisation d&#8217;un grand ouvrage \u00e9dilitaire et plus pr\u00e9cis\u00e9ment, semble-t-il, le percement d&#8217;une rue, \u00e0 moins qu&#8217;il ne s&#8217;agisse d&#8217;une muraille et de la construction d&#8217;une porte. L&#8217;inscription date de l&#8217;\u00e9poque des guerres puniques (IIIe s. av. J.-C.).<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>D&#8217;autre part, il \u00e9tait rare que s\u00e9nateurs et suff\u00e8tes, membres d&#8217;une m\u00eame classe, entrent en conflit pour qu&#8217;on puisse avoir recours \u00e0 l&#8217;arbitrage de l&#8217;assembl\u00e9e. Finalement la constitution punique appara\u00eet comme typiquement aristocratique et ne groupait pas r\u00e9ellement, comme l&#8217;affirmait Aristote, les meilleurs \u00e9l\u00e9ments des divers r\u00e9gimes politiques. Il est m\u00eame probable qu&#8217;Aristote ne l&#8217;a appr\u00e9ci\u00e9e \u00e0 ce point que parce qu&#8217;elle \u00e9tait r\u00e9solument aristocratique. N\u00e9anmoins, il convient de souligner l&#8217;attachement des Carthaginois aux structures coll\u00e9giales et leur m\u00e9fiance constante \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du pouvoir personnel.<\/p>\n<h3>La cit\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9<\/h3>\n<p>Importante m\u00e9tropole africaine, Carthage \u00e9tait, au moment de son apog\u00e9e, une des plus grandes et des plus belles villes de la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale. Jusqu&#8217;\u00e0 une date r\u00e9cente, sa configuration urbanistique demeurait presque inconnue par suite des destruction subies en 146 avant J.-C. et de la r\u00e9occupation du site \u00e0 l&#8217;\u00e9poque romaine qui entra\u00eena de gigantesques travaux d&#8217;arasement, de comblement et de r\u00e9am\u00e9nagement occasionnant notamment la disparition totale de toute trace de la Ville Haute \u00e0 l&#8217;emplacement de laquelle s&#8217;\u00e9lev\u00e8rent la colonie august\u00e9enne et le forum.<\/p>\n<p>Cependant, gr\u00e2ce aux acquits des fouilles men\u00e9es dans le cadre de la campagne internationale de sauvegarde de Carthage depuis 1972, les textes litt\u00e9raires et l&#8217;\u00e9pigraphie aidant, les grandes lignes de l&#8217;\u00e9volution de la cit\u00e9 punique commencent \u00e0 \u00eatre mieux connues. On sait, \u00e0 pr\u00e9sent, que la ville \u00e9tait, d\u00e8s ses d\u00e9buts, bien structur\u00e9e. Elle comprenait, outre la citadelle occupant une position dominante sur l&#8217;acropole de Byrsa et constituant le centre n\u00e9vralgique de la cit\u00e9, un important habitat couvrant la plaine littorale et int\u00e9grant un secteur industriel qui a laiss\u00e9 de nombreuses traces d&#8217;activit\u00e9s m\u00e9tallurgiques, de teinturerie et de foulage. Les n\u00e9cropoles occupaient les zones p\u00e9riph\u00e9riques. De nombreux sondages ont montr\u00e9 que les \u00e9difices s&#8217;alignaient parall\u00e8lement \u00e0 la c\u00f4te et que l&#8217;urbanisme \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dense et structur\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque archa\u00efque.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3182\" aria-describedby=\"caption-attachment-3182\" style=\"width: 600px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3182\" src=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Le-site-de-la-colline-de-Byrsa-a-Carthage-300x225.jpg\" alt=\"Le site de la colline de Byrsa \u00e0 Carthage\" width=\"600\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Le-site-de-la-colline-de-Byrsa-a-Carthage-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Le-site-de-la-colline-de-Byrsa-a-Carthage-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Le-site-de-la-colline-de-Byrsa-a-Carthage-800x600.jpg 800w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Le-site-de-la-colline-de-Byrsa-a-Carthage.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3182\" class=\"wp-caption-text\"><strong><em>Le site de la colline de Byrsa \u00e0 Carthage:<\/em><\/strong> <em>La photographie montre, \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re- plan, la plaine littorale avec le golfe domin\u00e9 par le mont Boukornine; au premier plan, un palier du versant de la colline de Byrsa avec des vestiges puniques. Le pilier massif qui se dresse au centre appartient aux fondations d&#8217;un monument romain disparu. L&#8217;enl\u00e8vement des remblais l&#8217;entourant a mis au jour les vestiges puniques jusque-l\u00e0 ensevelis : c &#8216;est tout un quartier d&#8217;habitat r\u00e9v\u00e9lant un pan de l&#8217;urbanisme carthaginois : des \u00eelots d&#8217;habitation construits suivant un plan r\u00e9gulier, probablement sous le gouvernement d&#8217;Hannibal au d\u00e9but du II&#8217; s. av. J.-C. Le quartier sera d\u00e9truit lors de la prise de la ville par Scipion en 146 av. J.-C.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00c0 la trame g\u00e9om\u00e9trique orthogonale de l&#8217;habitat de la plaine, s&#8217;opposait un tissu urbain plus souple, de type rayonnant dit en \u00ab \u00e9ventail \u00bb, impos\u00e9 par la topographie escarp\u00e9e des pentes de la colline de Byrsa. L&#8217;articulation entre les deux syst\u00e8mes \u00e9tait assur\u00e9e par l&#8217;agora, grande place publique. Tout au long de son \u00e9volution, Carthage s&#8217;agrandissait sans cesse tant\u00f4t au-del\u00e0 des zones industrielles et des n\u00e9cropoles, tant\u00f4t \u00e0 leur d\u00e9triment. Jusqu&#8217;au Ve s. avant J.-C., seul l&#8217;espace urbain de l&#8217;acropole \u00e9tait fortifi\u00e9 puis, \u00e0 partir de cette date, une grande muraille de 5,20 m d&#8217;\u00e9paisseur prot\u00e9gea l&#8217;ensemble de la cit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de la mer, entre la colline de Borj-Jedid et la baie de Kram.<\/p>\n<p>La plus grande extension de la ville se fit vers le nord, atteignant et d\u00e9passant les hauteurs de Sidi Bou Sa\u00efd par son faubourg de M\u00e9gara. Au IVe s., une \u00e8re de grande prosp\u00e9rit\u00e9 favorisa l&#8217;embellissement de la cit\u00e9 et de sa parure monumentale. Loin de se ralentir \u00e0 l&#8217;\u00e9poque des guerres puniques (IIIe et IIe s.), cet essor s&#8217;acc\u00e9l\u00e9ra notablement comme en t\u00e9moigne un quartier d&#8217;habitation am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de la mer et comportant de somptueuses demeures, couvrant chacune 1000 \u00e0 1500 m2, agr\u00e9ment\u00e9es de p\u00e9ristyles et de galeries et dont les sols et les murs \u00e9taient richement d\u00e9cor\u00e9s.<\/p>\n<p>Carthage devait alors impressionner ses visiteurs avec sa fa\u00e7ade maritime prot\u00e9g\u00e9e par une importante muraille en pierre de taille stuqu\u00e9e et surmont\u00e9e de corniches moulur\u00e9es, son acropole \u00e0 l&#8217;aspect grandiose, domin\u00e9e par le majestueux temple d&#8217;Eschmoun desservi par un escalier monumental de soixante marches et ses divers autres \u00e9difices publics dont notamment le sanctuaire de Reschef (Apollon) admir\u00e9 par Appien qui le situait au bord de l&#8217;agora et dont les vestiges semblent avoir \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9s par l&#8217;\u00e9quipe allemande. Celle-ci a mis au jour un monument important, dont la vaste cour, outre des f\u00fbts de colonnes et de grands chapiteaux stuqu\u00e9s, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des centaines de sceaux d&#8217;argile avec \u00ab des empreintes de cartouches de pharaons \u00e9gyptiens et des gemmes grecques destin\u00e9es \u00e0 sceller des doc ments de papyrus qui ont br\u00fbl\u00e9 lors de l&#8217;incendie de 146 avant J.-C. \u00bb.<\/p>\n<p>D&#8217;apr\u00e8s les textes, la cella de ce temple &#8211; s&#8217;il s&#8217;agit bien de celui de Reschef -, avait les murs rev\u00eatus de feuilles d&#8217;or et contenait une statue du culte dor\u00e9e qui fut emport\u00e9e \u00e0 Rome en 146 o\u00f9 elle \u00e9tait encore visible au IIe s. apr\u00e8s J.-C. en bordure du circus flaminius. Non loin de ce sanctuaire se trouvaient les c\u00e9l\u00e8bres ports puniques. Ces ports, que de r\u00e9cents travaux font beaucoup mieux conna\u00eetre, ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9s vers la fin du III e ou au d\u00e9but du II<sup>e<\/sup> s. avant J.-C. Auparavant, on suppose qu&#8217;on utilisait des installations qui existaient au m\u00eame emplacement ou peut-\u00eatre en bas de la colline de Borj Jedid, l\u00e0 o\u00f9 se trouvent les vestiges des thermes d&#8217;Antonin. Consid\u00e9r\u00e9s comme l&#8217;une des grandes r\u00e9alisations du monde antique \u00e0 leur \u00e9poque, ces ports \u00e9taient constitu\u00e9s de deux bassins, l&#8217;un \u00e0 vocation marchande, l&#8217;autre militaire. Un chenal de 20 m\u00e8tres de large les reliait.<\/p>\n<p>Creus\u00e9 artificiellement et ouvert sur le large auquel il \u00e9tait reli\u00e9 par un chenal d&#8217;acc\u00e8s, le premier port \u00e9tait de forme rectangulaire et couvrait une surface de sept hectares ; sa profondeur \u00e9tait de 2,50 m. Il \u00e9tait flanqu\u00e9 d&#8217;un terre-plein am\u00e9nag\u00e9 de main d&#8217;homme, dit \u00ab quadrilat\u00e8re de Falbe \u00bb, qui \u00e9tait \u00e0 la fois un avant-port contre les vents dominants et un espace de man\u0153uvres, d&#8217;embarquement et de d\u00e9barquement des marchandises. Situ\u00e9 plus au nord que le port de commerce, le port militaire, de forme circulaire, a mieux conserv\u00e9 ses structures de base.<\/p>\n<p>Sa profondeur atteint 2 m environ et sa surface utilisable est sup\u00e9rieure \u00e0 six hectares. Au milieu se dressait l&#8217;\u00eelot de l&#8217;amiraut\u00e9 sur lequel \u00e9tait am\u00e9nag\u00e9 le pavillon du commandant de la flotte et la tour de surveillance du mouvement des navires au large. Trente cales de radoub et d&#8217;hivernage d&#8217;une longueur de 30 \u00e0 50 m\u00e8tres environ permettaient d&#8217;abriter une trentaine de navires qu&#8217;on faisait glisser sur des traverses en bois. Sur le pourtour du port circulaire o\u00f9 les quais ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis, cent trente cinq \u00e0 cent quarante autres cales d&#8217;une longueur de 40 m\u00e8tres chacune ont \u00e9t\u00e9 mises en place. L&#8217;ensemble formait cent soixante cinq \u00e0 cent soixante dix cales pouvant accueillir un nombre de navires \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalent au chiffre de deux cent vingt avanc\u00e9 par Appien.<\/p>\n<p>Cet important am\u00e9nagement naval, fruit d&#8217;une prosp\u00e9rit\u00e9 retrouv\u00e9e, aurait, semble-t-il, inqui\u00e9t\u00e9 Rome et suscit\u00e9 son attitude belliqueuse qui devait aboutir \u00e0 la destruction de Carthage. Au sein de cette ville \u00e9norme se pressaient, selon Strabon, 700 000 habitants. Ce chiffre consid\u00e9rable pour une cit\u00e9 antique para\u00eet quelque peu exag\u00e9r\u00e9, mais on pense que Carthage ne comptait pas moins de 3 \u00e0 400 000 habitants.<\/p>\n<p>\u00c0 la t\u00eate de la hi\u00e9rarchie sociale on trouvait une aristocratie de pr\u00eatres, de grands commer\u00e7ants, d&#8217;armateurs et de gros propri\u00e9taires fonciers d\u00e9tenant l&#8217;essentiel du pouvoir politique, \u00e9go\u00efstes et jalousement attach\u00e9s \u00e0 tous leurs privil\u00e8ges. En dehors de ces nobles, on comptait beaucoup de commer\u00e7ants moyens et petits, des artisans et ouvriers m\u00e9tallurgistes, menuisiers, tisserands, potiers, verriers, fondeurs et des indig\u00e8nes africains attir\u00e9s par les nombreuses ressources que pouvait offrir un grand port. Group\u00e9s au sein de corporations, ils s&#8217;entassaient dans la ville basse, comme nous l&#8217;apprend une inscription carthaginoise. Il y avait \u00e9galement de nombreux esclaves. Leur mariage \u00e9tait reconnu par la loi et ils \u00e9taient parfois affranchis. Ceux qui servaient comme domestiques en ville \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement bien trait\u00e9s et demeur\u00e8rent fid\u00e8les \u00e0 leurs ma\u00eetres.<\/p>\n<p>En revanche, diff\u00e9rente \u00e9tait l&#8217;attitude adopt\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la masse des sujets r\u00e9duits \u00e0 l&#8217;esclavage ou au servage, travaillant dans les domaines des aristocrates carthaginois, odieusement exploit\u00e9s et vivant dans des conditions insupportables. Aucune consid\u00e9ration humaine ne venait adoucir le sort de ce prol\u00e9tariat mis\u00e9rable, enti\u00e8rement \u00e0 la merci d&#8217;employeurs \u00e9go\u00efstes et exclusivement soucieux d&#8217;augmenter la rentabilit\u00e9 de leurs entreprises. L&#8217;histoire sociale de Carthage est avant tout celle des r\u00e9voltes explosives de ces Berb\u00e8res d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s qui, par ailleurs, ne rat\u00e8rent pas une occasion de faire cause commune avec les envahisseurs et ennemis de la cit\u00e9 punique. A ces divers \u00e9l\u00e9ments s&#8217;ajoutait la masse turbulente et redoutable des mercenaires souvent dispos\u00e9s \u00e0 s&#8217;emparer des richesses de leurs employeurs.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3175\" aria-describedby=\"caption-attachment-3175\" style=\"width: 600px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3175\" src=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Lilot-de-lAmiraute-Port-militaire-de-Carthage-punique-300x154.jpg\" alt=\"L'\u00eelot de l'Amiraut\u00e9: Port militaire de Carthage punique. ( Antiquarium des ports )\" width=\"600\" height=\"308\" srcset=\"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Lilot-de-lAmiraute-Port-militaire-de-Carthage-punique-300x154.jpg 300w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Lilot-de-lAmiraute-Port-militaire-de-Carthage-punique-768x394.jpg 768w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/Lilot-de-lAmiraute-Port-militaire-de-Carthage-punique.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3175\" class=\"wp-caption-text\"><em><strong>L&#8217;\u00eelot de l&#8217;Amiraut\u00e9 &#8211; Port militaire de Carthage punique ( Antiquarium des ports ):<\/strong> Reconstitution \u00e0 partir de l&#8217;\u00e9tat des lieux, \u00e0 la lumi\u00e8re des textes anciens et des fouilles arch\u00e9ologiques r\u00e9centes. C&#8217;est un immense hangar couvrant des alignements de cales construites en rampes de car\u00e9nage inclin\u00e9es, dispos\u00e9es en \u00e9ventail. Elles rayonnent depuis une cour hexagonale \u00e0 ciel ouvert, surmont\u00e9e du pavillon de vigie o\u00f9 se trouve l&#8217;amiral de la flotte de guerre. D&#8217;apr\u00e8s l&#8217;historien Appien, le port militaire pouvait contenir 220 navires constitu\u00e9s essentiellement de trir\u00e8mes ou tri\u00e8res.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>En d\u00e9finitive Carthage pr\u00e9sentait l&#8217;aspect d&#8217;une grande cit\u00e9 cosmopolite o\u00f9 vivaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te des Orientaux, des Grecs, des Maltais, des Siciliens, des Espagnols. Souvent m\u00eame les \u00e9trangers s&#8217;y installaient et y faisaient souche. Les Carthaginois qui ne semblent pas avoir \u00e9t\u00e9 racistes leur r\u00e9servaient un excellent accueil et ceux parmi eux qui faisaient preuve de valeur personnelle pouvaient m\u00eame obtenir la citoyennet\u00e9 carthaginoise.<\/p>\n<p>Les mariages mixtes \u00e9taient d&#8217;autre part admis par la loi et fr\u00e9quents. Enfin les femmes semblent avoir joui \u00e0 Carthage de beaucoup de consid\u00e9ration. Elles avaient acc\u00e8s aux plus hautes charges, surtout dans le domaine religieux. Partant de la constatation que les tombes, les plus anciennes surtout, contenaient des couples on a pens\u00e9 que la polygamie n&#8217;existait pas. En tout cas, le fait que les quelques noms de Carthaginoises parvenus jusqu&#8217;\u00e0 nous \u00e9taient \u00e9troitement li\u00e9s au destin de la ville montre bien la place importante occup\u00e9e par celles-ci dans la cit\u00e9.<\/p>\n<p>Elissa symbolise la naissance de Carthage, et Sophonisbe sa mort. Sur le plan des m\u0153urs et du genre de vie, les Carthaginois \u00e9taient demeur\u00e9s attach\u00e9s \u00e0 l&#8217;Orient. Ils parlaient et \u00e9crivaient une langue s\u00e9mitique qui est un ph\u00e9nicien plus ou moins alt\u00e9r\u00e9. Ils \u00e9taient orientaux par leur costume, leurs bijoux, leurs poids et mesures, leur calendrier. Les Romains et les Grecs leur trouvaient bien des d\u00e9fauts, mais ils reconnurent en eux d&#8217;excellents hommes d&#8217;affaires polyglottes et intelligents.<\/p>\n<p><strong><em>Extrai du livre \u201cHISTOIRE G\u00c9N\u00c9RALE DE LA TUNISIE: Tome I (<\/em><\/strong><strong><em>Khaled Belkhoja, <\/em><\/strong><strong><em>Abdelmajid Ennabli, <\/em><\/strong><strong><em>Ammar Mahjoubi, <\/em><\/strong><strong><em>H\u00e9di Slim)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/2018\/12\/31\/formation-de-lempire-carthaginois-et-conflit-avec-les-grecs\/\">Formation de l\u2019empire carthaginois et conflit avec les Grecs<\/a><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La flotte et l&#8217;arm\u00e9e Carthage poss\u00e9dait une flotte de premier plan. H\u00e9riti\u00e8re de la c\u00e9l\u00e8bre flotte tyrienne, elle comptait plusieurs milliers de navires construits par des artisans exp\u00e9riment\u00e9s et habiles. Les arsenaux de Carthage furent parmi les plus c\u00e9l\u00e8bres de toute l&#8217;Antiquit\u00e9 ; les marins eux-m\u00eames avaient une profonde connaissance de la mer et quoique&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3185,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"image","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,84],"tags":[221,140,148,222,130,91],"class_list":["post-308","post","type-post","status-publish","format-image","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","category-history","tag-armee","tag-carthage","tag-civilisation","tag-institutions","tag-politique","tag-tunisie","post_format-post-format-image"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/308","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=308"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/308\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3187,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/308\/revisions\/3187"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3185"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=308"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=308"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=308"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}