{"id":2191,"date":"2019-01-17T09:03:16","date_gmt":"2019-01-17T09:03:16","guid":{"rendered":"https:\/\/rstheme.com\/products\/wordpress\/vulitin\/?p=2191"},"modified":"2020-10-14T16:06:37","modified_gmt":"2020-10-14T14:06:37","slug":"sadok-bey-taieb-bey-et-mustapha-ben-ismail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/2019\/01\/17\/sadok-bey-taieb-bey-et-mustapha-ben-ismail\/","title":{"rendered":"SADOK BEY, TA\u00cfEB BEY ET MUSTAPHA BEN ISMA\u00cfL"},"content":{"rendered":"<h4>Le Gouvernement<\/h4>\n<p>Nous avons dit que la Tunisie \u00e9tait gouvern\u00e9e par le Bey. Le Bey constitue en effet \u00e0 lui seul le gouvernement. C&#8217;est lui qui nomme et r\u00e9voque les fonctionnaires ; c&#8217;est lui qui commande les arm\u00e9es de terre et de mer, qui rend la justice et au nom de qui se per\u00e7oivent les imp\u00f4ts.<\/p>\n<p>Ce pouvoir, absolu en apparence, est un peu temp\u00e9r\u00e9 dans la pratique par les m\u0153urs musulmanes, qui accordent au clerg\u00e9 musulman et m\u00eame aux simples individus poss\u00e9dant une certaine r\u00e9putation de saintet\u00e9, le droit d&#8217;adresser au souverain des reproches souvent acerbes. Malheureusement, il arrive aussi que le souverain n&#8217;\u00e9coute gu\u00e8re les reproches et abuse parfois de sa situation pr\u00e9dominante pour faire administrer quelque correction magistrale \u00e0 son malencontreux conseiller.<\/p>\n<h4>Si-Sadock<\/h4>\n<p>Quand les Fran\u00e7ais entr\u00e8rent en Tunisie, le Bey se nommait Mohammed-es-Sadock ; on l&#8217;appelait plus commun\u00e9ment Si-Sadock, Si \u00e9tant l&#8217;abr\u00e9viation usuelle de Sidi, qui signifie seigneur dans le sens de l&#8217;italien signor. Si-Sadock \u00e9tait un vieillard \u00e9puis\u00e9 par la d\u00e9bauche et qui a \u00e9t\u00e9 surtout connu en France par son favori, Mustapha ben Isma\u00efl, un vilain monsieur ayant co\u00fbt\u00e9 \u00e0 la Tunisie cent fois plus qu&#8217;il ne valait lui-m\u00eame et sur le compte duquel nous aurons \u00e0 revenir dans ce r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Quand Si-Sadock vint \u00e0 quitter ce monde pour entrer dans ces limbes myst\u00e9rieux qu&#8217;on nomme le Barzakh et dans lesquelles se tient, d&#8217;apr\u00e8s le Koran et V Elm-tefir-el-Kouran (le commentaire du Coran), l&#8217;\u00e2me d&#8217;un bon musulman jusjusqu&#8217;au jour de la r\u00e9surrection, il fut remplac\u00e9 par son fr\u00e8re, Sidi-Ali, qui lui succ\u00e9da, au grand m\u00e9contentement de son second fr\u00e8re, Sidi-Ta\u00efeb, au sujet duquel il est peut-\u00eatre utile de donner quelques renseignements.<\/p>\n<h4>Ta\u00efeb bey<\/h4>\n<p>Ce Ta\u00efeb, le troisi\u00e8me fr\u00e8re de la famille, est un homme de m\u0153urs qui ne sont, m\u00eame plus douteuses et d&#8217;une honorabilit\u00e9 que le dernier d\u00e9crotteur de Tunis n&#8217;\u00e9prouve pas la plus h\u00e9sitation \u00e0 qualifier. Si nous racontions ce qui nous a \u00e9t\u00e9 dit \u00e0 son sujet par ses victimes, on ne voudrait jamais croire que le gouvernement fran\u00e7ais en soit r\u00e9duit \u00e0 afficher une certaine consid\u00e9ration officielle pour ce personnage.<\/p>\n<h4>L&#8217;annexion<\/h4>\n<p>Quand les Fran\u00e7ais entr\u00e8rent en Tunisie, Si Sadock, auquel ses vices n&#8217;avaient pas cependant enlev\u00e9 toute son intelligence, sentit bion que c&#8217;en \u00e9tait fini de son autorit\u00e9 et que la dynastie des Hussein, dont le pouvoir s&#8217;\u00e9tait appesanti sur la Tunisie depuis les premi\u00e8res ann\u00e9es du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, arrivait \u00e0 son terme. Il se montra donc tr\u00e8s mal dispos\u00e9 en notre faveur et, tout d&#8217;abord, refusa carr\u00e9ment d&#8217;adh\u00e9rer \u00e0 notre protectorat.<\/p>\n<p>Si-Ta\u00efeb, qui n&#8217;\u00e9tait que le second fr\u00e8re du vieux Bey et qui naturellement ne se trouvait pas son h\u00e9ritier direct, eut vent des r\u00e9sistances de son a\u00een\u00e9 ; cribl\u00e9 de dettes, ambitieux, assoiff\u00e9 d&#8217;un pouvoir qu&#8217;il savait devoir demeurer suffisant pour lui permettre de satisfaire ses passions, il tenta une aventure. Il s&#8217;en alla trouver tout simplement M. Roustan, qui remplissait \u00e0 cette \u00e9poque les fonctions de charg\u00e9 d&#8217;affaires de France en Tunisie, et lui promit de consentir \u00e0 tout ce qu&#8217;on voudrait exiger de lui pourvu qu&#8217;on le nomm\u00e2t Bey \u00e0 la place de Si-Sadock, sans tenir compte des droits de Sidi-Ali, l&#8217;h\u00e9ritier l\u00e9gitime selon la loi et la coutume.<\/p>\n<p>Le vieux Si-Sadock eut connaissance de cette demande, et elle ne fut probablement pas sans influence sur la d\u00e9cision qu&#8217;il prit de signer au palais du Bardo le trait\u00e9 que lui pr\u00e9senta le g\u00e9n\u00e9ral Br\u00e9ard ; mais les musulmans connurent aussi la tentative de Ta\u00efeb, et sa consid\u00e9ration, d\u00e9j\u00e0 minime, devint absolument nulle \u00e0 dater de ce jour. Une fois le trait\u00e9 sign\u00e9, Si-Sadock fit arr\u00eater son fr\u00e8re, et il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 certainement \u00e9trangl\u00e9 dans les vingt-quatre heures, si, sur les instances de Mgr Lavigerie, M. Roustan ne f\u00fbt intervenu et n&#8217;e\u00fbt arrach\u00e9 le coupable \u00e0 une mort certaine et m\u00e9rit\u00e9e, si on ne consid\u00e8re que le droit musulman.<\/p>\n<h4>Une histoire tunisienne<\/h4>\n<p>Echapp\u00e9 au tr\u00e9pas, Ta\u00efeb se rejeta dans la d\u00e9bauche, achetant toujours et ne payant jamais, empruntant sans cesse et ne donnant ni int\u00e9r\u00eats ni principal. Les plaintes devinrent si vives que Sidi-Ali, qui avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Si-Sadock, se vit dans la n\u00e9cessit\u00e9 de faire saisir judiciairement une partie de l&#8217;apanage de Ta\u00efeb pour satisfaire ses cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>Ce proc\u00e9d\u00e9 mit Ta\u00efeb en fureur, d&#8217;autant plus que quand il lui fut appliqu\u00e9, il se trouvait dans un pressant besoin d&#8217;argent. Pour parer aux premi\u00e8res n\u00e9cessit\u00e9s, il ne trouva rien de mieux que de faire une tourn\u00e9e chez les principaux bijoutiers des souk (bazars), d&#8217;y acheter \u00e0 cr\u00e9dit tout ce qu&#8217;on n&#8217;osa pas lui refuser et d&#8217;engager l&#8217;ensemble chez des juifs.<\/p>\n<p>Si-Ali-Bey, qui est un brave homme, trouva la chose un peu forte et fit arr\u00eater son fr\u00e8re. Mais Ta\u00efeb est habile, et d&#8217;une affaire purement correctionnelle, il essaya, pour se tirer d&#8217;embarras, de faire une affaire politique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2724\" aria-describedby=\"caption-attachment-2724\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2724\" src=\"http:\/\/mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/11-4-1912Tunis-officier-de-la-garde-du-Bey-lieutenant-209x300.jpeg\" alt=\"Tunis, officier de la garde du Bey (lieutenant) 11 avril1912\" width=\"400\" height=\"575\" srcset=\"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/11-4-1912Tunis-officier-de-la-garde-du-Bey-lieutenant-209x300.jpeg 209w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/11-4-1912Tunis-officier-de-la-garde-du-Bey-lieutenant-713x1024.jpeg 713w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/11-4-1912Tunis-officier-de-la-garde-du-Bey-lieutenant-768x1104.jpeg 768w, https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/11-4-1912Tunis-officier-de-la-garde-du-Bey-lieutenant.jpeg 952w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2724\" class=\"wp-caption-text\"><em>Tunis, officier de la garde du Bey (lieutenant)<br \/><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p>Nous savons que beaucoup de gens auront peine \u00e0 croire \u00e0 l&#8217;exactitude de ces renseignements, qui permettent d&#8217;envisager sous un jour tout nouveau les \u00e9v\u00e9nements qui se sont pass\u00e9s en Tunisie et peut-\u00eatre ceux qui s&#8217;y passeront quelque jour ; mais qu&#8217;on nous permette d&#8217;affirmer simplement l&#8217;exactitude de ce que nous racontons et poursuivons.<\/p>\n<p>Ta\u00efeb en prison, mais en prison dans sa maison, avec son harem et ses serviteurs, voulut se poser en victime. Il lui fallait de l&#8217;argent. Pour en avoir, il alla jusqu&#8217;\u00e0 engager les bijoux de toutes ses femmes, et r\u00e9ussit par ce moyen \u00e0 se procurer une somme assez ronde. Puis, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;interm\u00e9diaire d&#8217;un juif alg\u00e9rien, \u2014 on trouve toujours quelque juif dans ces histoires, \u2014 il intrigua aupr\u00e8s du gouvernement fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Que se passa-t-il \u00e0 Paris ? Nous ne saurions dire les noms ni donner les chiffres, parce que nous n&#8217;avons pas en main les preuves \u00e9crites, c&#8217;est-\u00e0-dire les re\u00e7us des sommes que d\u00e9pensa le juif alg\u00e9rien ; mais le fait est que, sous une pression parlementaire \u00e0 laquelle le gouvernement ne put, para\u00eet-il, pas r\u00e9sister, la R\u00e9sidence intima au Bey l&#8217;ordre formel de remettre Ta\u00efeb en libert\u00e9. Et ce fut fait.<\/p>\n<p>Nous n&#8217;avons pas besoin de dire de combien de degr\u00e9s fit monter la France au thermom\u00e8tre de la consid\u00e9ration cet acte qui, chez les Tunisiens, non-seulement de la capitale, mais de toute la R\u00e9gence, a \u00e9t\u00e9 plus que s\u00e9v\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9e.<\/p>\n<h4>Un syndicat politique<\/h4>\n<p>Voyant qu&#8217;avec certaines influences on pouvait arriver \u00e0 de bons r\u00e9sultats, Ta\u00efeb ne s&#8217;est point arr\u00eat\u00e9 en si beau chemin. Autour de lui s&#8217;est organis\u00e9 une sorte de syndicat dans le genre de ceux qui fonctionnent \u00e0 la Bourse. Gr\u00e2ce \u00e0 ses amis, Ta\u00efeb a obtenu en octobre 1885 la permission de venir en France. Il y est all\u00e9 pour traiter, dit-on, du prix qu&#8217;il demandera pour autoriser, quand il aura succ\u00e9d\u00e9 au Bey actuel, la transformation du protectorat en annexion. C&#8217;est du moins la rumeur qui circulait en Tunisie quand Ta\u00efeb est parti pour la France, et si nos repr\u00e9sentants l\u00e0-bas avaient su l&#8217;arabe, ils auraient entendu avec quel luxe d&#8217;\u00e9pith\u00e8tes, les musulmans parlaient de lui. Malheureusement tous nos repr\u00e9sentants ne connaissent pas la langue du pays et ceux qui la savent \u00e9taient probablement all\u00f4 se promener au loin le jour o\u00f9 ils auraient pu entendre et s\u2019instruire : l&#8217;homme n&#8217;est pas parfait.<\/p>\n<h4>Mustapha Ben Isma\u00efl<\/h4>\n<p>Un des autres types curieux du gouvernement tunisien, typ\u00e9 qui a occup\u00e9 dans ce pays les fonctions les plus importantes et qui r\u00eave certainement d&#8217;y jouer encore un r\u00f4le, c&#8217;est ce Mustapha-ben-Isma\u00efl, le favori de Si-Sadock, la sangsue de la Tunisie, un des \u00eatres les plus ignobles et les plus malfaisants qu&#8217;il soit possible do rencontrer.<\/p>\n<p>Ancien gar\u00e7on d&#8217;\u00e9curie et jouet des corps de garde du Bey, Mustapha fut un jour distingu\u00e9 par Si-Sadock, dont la d\u00e9pravation s\u00e9nile atteignait aux limites de la pathologie. Il fit rapidement son chemin. En quelques mois, il fut bombard\u00e9 colonel, puis g\u00e9n\u00e9ral, puis ministre. Le vieux Si-Sadock fit mieux, il lui donna sa fille.<\/p>\n<p>Tout cela \u00e9tait bien, mais en \u00eatre pratique, Mustapha qui savait parfaitement que son ma\u00eetre ne durerait pas longtemps, songeait au solide. Il se fit donner tout ce qu&#8217;il put pendant les quatre ann\u00e9es que dura son influence ; les \u00e9valuations les plus mod\u00e9r\u00e9es estiment le total de ce qu&#8217;on lui donna ou qu&#8217;il prit \u00e0 plus de cent millions.<\/p>\n<h4>L&#8217;h\u00e9ritage de Si-Sadock<\/h4>\n<p>Quand Si-Sadock mourut, il remit son sceau \u00e0 son bon ami. On sait qu&#8217;en Orient, le sceau remplace la signature dans les actes officiels. On raconte au Bardo que pendant que le vieux Bey se d\u00e9battait contre la mort, Mustapha posait sceau sur sceau sur les documents qui devaient lui donner des titres de propri\u00e9t\u00e9s. Si le bey avait agonis\u00e9 quinze jours, Mustapha se serait appropri\u00e9 la Tunisie.<\/p>\n<p>Le Bey actuel, le fr\u00e8re de Si-Sadock, est absolument convaincu que Mustapha a empoisonn\u00e9 son bienfaiteur. Il tient en r\u00e9serve un dossier contenant les t\u00e9moignages de gens qui affirment avoir vu Mustapha verser le poison, et dans une armoire secr\u00e8te du palais de la Marsa on pourrait trouver un bocal dans lequel sont les intestins du pauvre Si-Sadock, pr\u00eats \u00e0 para\u00eetre pour prouver que le malheureux Bey n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 de ses bienfaits.<\/p>\n<p>Ce Mustapha s&#8217;est r\u00e9fugi\u00e9 en France, il y vit largement, comme on peut le penser, et comme on peut le penser encore, il s&#8217;occupe de politique. Il para\u00eet m\u00eame qu&#8217;il s&#8217;est rapidement familiaris\u00e9 avec nos moeurs parlementaires, si rapidement m\u00eame, qu&#8217;il faillit lui en arriver malheur.<\/p>\n<p>Un beau jour, notre personnage d\u00e9barqua \u00e0 Tunis. Il se croyait suffisamment prot\u00e9g\u00e9 parce qu&#8217;il \u00e9tait accompagn\u00e9, dans des conditions que nous ignorons, d&#8217;ailleurs, par des personnages qu&#8217;il croyait influents et parmi lesquels se trouvait un s\u00e9nateur alg\u00e9rien.<\/p>\n<p>Il para\u00eet que Mustapha ne se doutait pas des pr\u00e9ventions ou des pr\u00e9somptions qui existaient \u00e0 son endroit.Il fut vite renseign\u00e9; et le courage, comme on peut le supposer facilement, n&#8217;\u00e9tant pas sa vertu dominante, il fut bient\u00f4t en proie \u00e0 la terreur la plus profonde, se voyant \u00e0 chaque instant appr\u00e9hend\u00e9 au corps, emmen\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9 suivant les prescriptions les plus pr\u00e9cises des vengeances orientales.<\/p>\n<h4>Une exp\u00e9dition nocturne<\/h4>\n<p>Il \u00e9tait arriv\u00e9 dans la journ\u00e9e : \u00e0 quatre heures, il tremblait de tous ses membres ; \u00e0 la nuit, il fuyait dans la campagne accompagn\u00e9e de ses tuteurs parlementaires, arm\u00e9s jusqu&#8217;aux molaires, mais qui n&#8217;\u00e9taient gu\u00e8re plus rassur\u00e9s que lui.<\/p>\n<p>La petite bande, \u2014 nous n&#8217;osons pas dire caravane, \u2014 cherchait un asile. Elle crut le trouver dans une maison des environs de Tunis, dont le ma\u00eetre avait vu tant de choses en ce monde, qu&#8217;il ne fut m\u00eame pas surpris de cette visite insolite. Qu&#8217;advint-il ? nous l\u2019ignorons ; mais il faut croire que Mustapha en fut quitte pour la peur, puisqu&#8217;il put partir sain et sauf. Nous ne pensons pas que l\u2019envie ne lui revienne jamais de retourner en Tunisie tant que le Bey actuel conservera sa situation et ses droits de basse et haute justice.<\/p>\n<p>Nous avions commenc\u00e9 ce chapitre avec l&#8217;intention de parler du gouvernement beylical.<\/p>\n<p>Il nous semble que ce que nous pourrions en dire serait beaucoup moins explicite que ce que nous venons de raconter. C&#8217;est par les faits et non par les annuaires qu&#8217;on juge les administrations.<\/p>\n<p><strong><em>Auteur: Marc Fournel <\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em>Extrait de son livre: La Tunisie &#8211; le christianisme &amp; l&#8217;Islam dans l&#8217;Afrique septentrionale &#8211; 1880<br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Source: https:\/\/gallica.bnf.fr &#8211; Biblioth\u00e8que nationale de France<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Gouvernement Nous avons dit que la Tunisie \u00e9tait gouvern\u00e9e par le Bey. Le Bey constitue en effet \u00e0 lui seul le gouvernement. 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