{"id":1456,"date":"2019-01-11T12:44:08","date_gmt":"2019-01-11T12:44:08","guid":{"rendered":"http:\/\/192.168.0.250\/news24\/?p=1456"},"modified":"2020-10-17T10:53:58","modified_gmt":"2020-10-17T08:53:58","slug":"la-tunisie-romaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/2019\/01\/11\/la-tunisie-romaine\/","title":{"rendered":"La Tunisie romaine"},"content":{"rendered":"<p><em>Jean-Paul Morel,<\/em><\/p>\n<p><em>La Tunisie permet d&#8217;ouvrir \u00e0 elle seule un chapitre important de l&#8217;histoire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en : pour percevoir la dimension r\u00e9elle de l&#8217;Empire romain et son legs \u00e0 notre civilisation, la d\u00e9couverte de l&#8217;Africa, une de ses provinces les plus riches et les plus urbanis\u00e9es, s&#8217;impose\u2026 Laissons Jean-Paul Morel, auteur, parmi de nombreux ouvrages, de <\/em>La Tunisie : carrefour du monde antique <em>(Faton, 1994), guider les voyageurs de Clio parmi de fabuleuses cit\u00e9s<\/em> <em>antiques.<\/em><\/p>\n<p>En 146 avant J.-C., au terme d&#8217;un assaut sanglant, l&#8217;arm\u00e9e romaine de Scipion \u00c9milien s&#8217;empara de Carthage. Les vainqueurs ras\u00e8rent la ville et le s\u00e9nat maudit quiconque oserait s&#8217;installer \u00e0 son emplacement. Qui aurait pu pr\u00e9dire, alors que Scipion pleurait sur les ruines encore fumantes de la glorieuse rivale de Rome un sort qu&#8217;il craignait dans l&#8217;avenir pour sa propre patrie, que Carthage, relev\u00e9e un si\u00e8cle plus tard par ses vainqueurs eux-m\u00eames, serait un jour la seconde ville du monde romain, la capitale de la province d&#8217;Africa devenue un des fleurons de l&#8217;Empire ?<\/p>\n<h4><strong>Carthage et l&#8217;Africa<\/strong><\/h4>\n<p>La Tunisie actuelle correspond pour l&#8217;essentiel \u00e0 cette province cr\u00e9\u00e9e d\u00e8s 146 et agrandie par la suite. Utique en devint la premi\u00e8re capitale, mais le site de Carthage allait s&#8217;imposer \u00e0 nouveau par ses avantages. En 44 avant J.-C., C\u00e9sar d\u00e9cida d&#8217;y fonder une colonie romaine, dont Octave Auguste lancerait v\u00e9ritablement les travaux quelques d\u00e9cennies plus tard.<\/p>\n<p>La campagne \u00ab Pour sauver Carthage \u00bb, promue par les autorit\u00e9s tunisiennes et par l&#8217;Unesco \u00e0 partir de 1972, a vu affluer des arch\u00e9ologues de toutes nations et a fortement accru nos connaissances sur Carthage romaine. Certes on visitait d\u00e9j\u00e0 les thermes d&#8217;Antonin, le th\u00e9\u00e2tre, l&#8217;amphith\u00e9\u00e2tre, les villas du quartier de l&#8217;Od\u00e9on, les citernes de la Malga, des basiliques chr\u00e9tiennes. Mais beaucoup de ces monuments ont \u00e9t\u00e9 mieux \u00e9tudi\u00e9s, d&#8217;autres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts. Sur la colline de Byrsa a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un des plus grands ensembles du monde romain : une gigantesque plate-forme artificielle portant un \u00ab forum de la haute ville \u00bb, d&#8217;autres places, des temples, une biblioth\u00e8que et une basilique civile, la plus grande apr\u00e8s celle de Trajan \u00e0 Rome. Citons encore un cirque immense, le port romain, des demeures priv\u00e9es, des n\u00e9cropoles, de nouvelles basiliques chr\u00e9tiennes, l&#8217;enceinte de Th\u00e9odose.<\/p>\n<h4><strong>La terre des villes<\/strong><\/h4>\n<p>L&#8217;Africa fut par excellence la terre des villes et un splendide cort\u00e8ge de cit\u00e9s accompagna Carthage la grande. Mentionnons parmi tant d&#8217;autres Sbeitla\/Sufetula, son forum de pierres dor\u00e9es o\u00f9 trois temples \u00e9l\u00e8vent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te leurs silhouettes harmonieuses, ses basiliques chr\u00e9tiennes \u00e9voquant la vigueur de l&#8217;\u00c9glise d&#8217;Afrique ; Bulla Regia, dont les maisons souterraines s\u00e9duisent<\/p>\n<p>autant par leur fra\u00eecheur, leur lumi\u00e8re tamis\u00e9e, leurs vo\u00fbtes complexes que par leurs mosa\u00efques ; Dougga\/Thugga, dont l&#8217;\u00e9l\u00e9gant capitole et le th\u00e9\u00e2tre romain dominent les maisons et les \u00e9difices publics \u00e9tag\u00e9s \u00e0 flanc de colline jusqu&#8217;au \u00ab mausol\u00e9e libyco-punique \u00bb dress\u00e9 dans son \u00e9crin de verdure ; Oudna\/Uthina, o\u00f9 quelques ruines imposantes \u2013 amphith\u00e9\u00e2tre, grands thermes, capitole \u00bb, \u00e9normes citernes \u2013 jalonnent un site longtemps \u00e0 l&#8217;abandon, mais qui vient de r\u00e9v\u00e9ler de riches demeures ; Utique, o\u00f9 les divagations de la Medjerda ont effac\u00e9 les traces du grand port antique, mais qui offre encore ses <em>domus<\/em> aux chapiteaux histori\u00e9s, aux fontaines chatoyantes de couleurs ; El Jem\/Thysdrus, dont le voyageur d\u00e9couvre au loin l&#8217;imposant \u00ab Colis\u00e9e \u00bb, le troisi\u00e8me amphith\u00e9\u00e2tre du monde romain par la taille, dominant l&#8217;agglom\u00e9ration moderne de sa masse colossale et dont les maisons romaines regorgent de mosa\u00efques ; Mactar, que jalonnent le vaste forum, les imposants thermes du Sud-Est, l&#8217;\u00e9nigmatique basilique des Jeunes, et les tombeaux m\u00e9galithiques h\u00e9rit\u00e9s du substrat libyque ; Thuburbo Majus avec ses temples si divers, ses thermes d&#8217;\u00e9t\u00e9 et d&#8217;hiver, sa palestre des Petronii rappelant ce que les villes africaines durent \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ostentatoire de familles riches et \u00e9clair\u00e9es.<\/p>\n<p>Trop souvent m\u00e9connus, des sites consid\u00e9r\u00e9s comme mineurs sont tout aussi passionnants. Pensons \u00e0 Salakta\/Sullecthum, qui offre son \u00e9mouvant cimeti\u00e8re marin d&#8217;\u00e9poque romaine rong\u00e9 par les embruns, sa fabrique de salaisons de poissons, son petit mus\u00e9e ; Jbel Oust, remarquable ensemble thermal ench\u00e2ssant dans un labyrinthe de salles mosa\u00efqu\u00e9es d&#8217;\u00e9tranges piscines bord\u00e9es de colonnes, drap\u00e9es de concr\u00e9tions s\u00e9culaires ; le \u00ab nymph\u00e9e \u00bb hadrian\u00e9en de Zaghouan, \u00e9l\u00e9gant sanctuaire des eaux en fer \u00e0 cheval dans un d\u00e9cor de falaises, origine de l&#8217;aqueduc interminable qui alimentait Carthage au bout de l&#8217;horizon. L&#8217;emprise de Rome se lit aussi dans des champs de ruines \u00e0 peine effleur\u00e9s encore par la pioche des fouilleurs, comme A\u00efn Tounga\/Thignica ou Th\u00e9lepte, ou dans des villes encore bien vivantes qui en conservent le souvenir et quelques traces, comme Gafsa\/Capsa \u2013 les enfants s&#8217;y \u00e9battent dans des bassins romains aux pierres de taille grav\u00e9es d&#8217;inscriptions latines \u2013 Sousse\/Hadrum\u00e8te, Nabeul\/Neapolis. La profusion des villes \u00e9tait telle dans l&#8217;Africa qu&#8217;il n&#8217;est gu\u00e8re d&#8217;ann\u00e9e o\u00f9 quelque nouveau site urbain n&#8217;y soit identifi\u00e9.<\/p>\n<h4><strong>Splendeurs des mosa\u00efques<\/strong><\/h4>\n<p>S&#8217;il fallait ne retenir qu&#8217;une des multiples formes de \u00ab culture mat\u00e9rielle \u00bb que nous ont l\u00e9gu\u00e9es ces villes, nous choisirions les mosa\u00efques. La Tunisie fut le paradis de cet art si typiquement romain. Elle s&#8217;y distingua par son originalit\u00e9, ses innovations : style fleuri aux motifs ornementaux exub\u00e9rants, grandes compositions mi-r\u00e9alistes, mi-fantastiques du IVe si\u00e8cle dont s&#8217;inspireront en Sicile les mosa\u00efstes de Piazza Armerina, cuves baptismales ou mosa\u00efques tombales chr\u00e9tiennes au d\u00e9cor stylis\u00e9.<\/p>\n<p>De grands mus\u00e9es comme ceux du Bardo \u00e0 Tunis, d&#8217;El Jem, de Sousse, sont de v\u00e9ritables conservatoires de cet art, mais des mus\u00e9es plus modestes, \u00e0 Utique ou \u00e0 Sfax, \u00e0 Enfida ou \u00e0 Nabeul, en renferment aussi des tr\u00e9sors. Ces pavements de sol r\u00e9v\u00e8lent un aspect souvent oubli\u00e9 de la civilisation romaine : celui d&#8217;un monde haut en couleur, \u00e0 la fois raffin\u00e9 et amoureux du pittoresque. On y go\u00fbte une inventivit\u00e9 d\u00e9corative in\u00e9puisable, l&#8217;expression des go\u00fbts litt\u00e9raires, des r\u00e9miniscences historiques, des croyances religieuses ou philosophiques, l&#8217;\u00e9vocation des loisirs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, de la vie quotidienne des grands domaines ou des hameaux de p\u00eacheurs. Le sol tunisien prodigue encore de splendides d\u00e9couvertes : une mosa\u00efque de Ha\u00efdra\/Ammaedara, illustr\u00e9e de vignettes symbolisant douze \u00eeles ou villes de la M\u00e9diterran\u00e9e, n&#8217;est que la derni\u00e8re en date.<\/p>\n<h4><strong>L&#8217;\u00e9paisseur d&#8217;un pass\u00e9<\/strong><\/h4>\n<p>Les civilisations qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Rome ont profond\u00e9ment impr\u00e9gn\u00e9 les arts et l&#8217;artisanat de la Tunisie romaine. Sur les st\u00e8les \u00e0 caract\u00e8re religieux, comme celles de la Ghorfa \u2013 pr\u00e8s de Mactar \u2013 et sur tant d&#8217;autres, apparaissent d&#8217;anciens symboles tels le croissant lunaire ou le signe de Tanit, des motifs d\u00e9coratifs \u00ab berb\u00e8res \u00bb transmis jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;artisanat actuel : une horreur du vide qui multiplie les d\u00e9tails originaux et savoureux. Concurrents des dieux romains, de vieux dieux indig\u00e8nes jamais oubli\u00e9s apparaissent sur des frises d&#8217;\u00e9poque imp\u00e9riale, et Baal Hammon a pris l&#8217;ancien nom italique de Saturne pour r\u00e9gner sur les cultes populaires de la p\u00e9riode romaine. C&#8217;est encore lui qui figure, dans un style qui doit beaucoup \u00e0 l&#8217;art autochtone, sur une st\u00e8le dat\u00e9e de l&#8217;an 323 : sous Constantin, elle perp\u00e9tue des sch\u00e9mas d\u00e9coratifs et figuratifs, un style gauche et<\/p>\n<p>expressionniste qui ont travers\u00e9 toute l&#8217;Antiquit\u00e9. Inversement, le christianisme s&#8217;implanta pr\u00e9cocement et puissamment dans cette Africa dont il impr\u00e9gna les croyances, l&#8217;architecture, l&#8217;art, la litt\u00e9rature, nous l\u00e9guant monuments insignes et grands auteurs, de Tertullien \u00e0 saint Augustin.<\/p>\n<h4><strong>Une \u00e9conomie florissante<\/strong><\/h4>\n<p>Le visiteur d\u00e9sireux de percevoir dans toutes ses composantes la vie de l&#8217;Africa doit aussi parcourir les campagnes de la Tunisie actuelle, scruter les vitrines de ses mus\u00e9es. Il sera alors plus sensible \u00e0 ce que repr\u00e9senta pour l&#8217;Empire romain cette province dont la prosp\u00e9rit\u00e9 se maintint si longtemps \u2013 lors des p\u00e9riodes vandale (439-533) et byzantine (533-698), voire sous la domination arabe qui s&#8217;imposa \u00e0 la fin du VIIe si\u00e8cle \u2013 sous des formes encore largement tributaires des mod\u00e8les romains. Sit\u00f4t qu&#8217;elle l&#8217;eut annex\u00e9e, Rome en organisa l&#8217;exploitation avec sa rigueur et son opini\u00e2tret\u00e9 coutumi\u00e8res. Un des plus grands monuments que nous ait l\u00e9gu\u00e9s l&#8217;Antiquit\u00e9 est cet ensemble de cadastres, de \u00ab centuriations \u00bb qui, \u00e0 partir du IIe si\u00e8cle avant J.-C., allait quadriller la Tunisie, sur des centaines de kilom\u00e8tres, de ses carr\u00e9s de quelque sept cents m\u00e8tres de c\u00f4t\u00e9, encore bien perceptibles depuis l&#8217;avion, pour qui atterrit \u00e0 Tunis.<\/p>\n<p>L&#8217;Africa devint pour Rome un fournisseur essentiel de bl\u00e9 et d&#8217;huile. Le fameux port circulaire de Carthage, qui jadis abritait la flotte de guerre punique, se mua en port d&#8217;attache monumental d&#8217;une flotte c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re dont l&#8217;arriv\u00e9e \u00e9tait chaque ann\u00e9e impatiemment attendue \u00e0 Rome. Le souvenir d&#8217;une ol\u00e9iculture intensive appara\u00eet aussi bien sur des photographies a\u00e9riennes o\u00f9 se lit parfois l&#8217;emplacement de chaque olivier romain, que dans les vestiges de pressoirs qui jalonnent les campagnes et les villes antiques.<\/p>\n<p>L&#8217;Africa du travail a laiss\u00e9 bien d&#8217;autres traces encore. Ainsi, \u00e0 Chemtou\/Simitthus, un nouveau mus\u00e9e rappelle l&#8217;exploitation sur ce site du beau \u00ab marbre numidique \u00bb aux d\u00e9licates veines jaunes et roses, export\u00e9 \u00e0 travers tout l&#8217;empire ; on y per\u00e7oit le degr\u00e9 d&#8217;organisation technique et administrative de ces carri\u00e8res et le fa\u00e7onnage sur place d&#8217;objets en marbre dans une v\u00e9ritable caserne-manufacture \u00e9troitement surveill\u00e9e. \u00c0 El Haouaria, \u00e0 l&#8217;extr\u00e9mit\u00e9 du cap Bon, le gr\u00e8s dont fut \u00e9difi\u00e9e Carthage \u00e9tait extrait d&#8217;autres carri\u00e8res o\u00f9 les vastes pyramides en creux des chambres d&#8217;extraction re\u00e7oivent de puits perc\u00e9s en leur sommet une lumi\u00e8re myst\u00e9rieuse.<\/p>\n<p>Une autre grande production de l&#8217;Africa est repr\u00e9sent\u00e9e par les \u00ab sigill\u00e9es claires \u00bb au vernis rouge-orang\u00e9, comme les fines poteries dites d&#8217;El Aouja, avec leurs vases en forme de t\u00eates humaines tr\u00e8s typ\u00e9es ou leurs cruches orn\u00e9es de reliefs d&#8217;appliques, ou les \u00ab sigill\u00e9es claires D \u00bb, d\u00e9cor\u00e9es en relief ou par impression de symboles chr\u00e9tiens ou d&#8217;\u00e9pisodes de l&#8217;\u00c9vangile : elles furent les c\u00e9ramiques antiques les plus largement diffus\u00e9es dans tout le bassin m\u00e9diterran\u00e9en et dans un vaste arri\u00e8re-pays, et cela jusqu&#8217;au VIIe si\u00e8cle. Le littoral est jalonn\u00e9 par les fabriques de salaisons ou autres produits d\u00e9riv\u00e9s du poisson, comme la sauce appel\u00e9e <em>garum<\/em>, un condiment fondamental de la table romaine. Elles exportaient encore leurs produits, dans leurs amphores typiques, vers la France m\u00e9rovingienne ! Telle fut l&#8217;incroyable long\u00e9vit\u00e9 d&#8217;une Tunisie antique dont les activit\u00e9s et les coutumes s&#8217;inscrivirent jusqu&#8217;\u00e0 la conqu\u00eate arabe dans le droit fil de l&#8217;h\u00e9ritage de Rome.<\/p>\n<h4><strong>Les r\u00e9ussites de la mise en valeur<\/strong><\/h4>\n<p>La Tunisie moderne a su garder la m\u00e9moire de toutes les \u00e9tapes de son riche pass\u00e9, revendiquant sa p\u00e9riode romaine au m\u00eame titre que ses composantes libyques, puniques ou arabes. Elle a accompli depuis une vingtaine d&#8217;ann\u00e9es, en liaison avec les missions \u00e9trang\u00e8res qui ont \u0153uvr\u00e9 sur le terrain, un effort consid\u00e9rable de mise en valeur de son patrimoine arch\u00e9ologique. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des grandes collections traditionnelles comme celles du Bardo \u00e0 Tunis ou du mus\u00e9e de Sousse, d&#8217;autres mus\u00e9es ont connu un accroissement et des am\u00e9liorations spectaculaires. Carthage a maintenant le tr\u00e8s grand mus\u00e9e de site qu&#8217;elle m\u00e9ritait.<\/p>\n<p>Au mus\u00e9e d&#8217;El Jem sont en cours d&#8217;am\u00e9nagement de nouvelles salles de mosa\u00efques. Parmi les mus\u00e9es r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9s <em>ex novo<\/em>, citons, outre celui de Chemtou, d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, celui de Lemta : dans ce Sahel o\u00f9 la densit\u00e9 de l&#8217;occupation actuelle laisse voir peu de vestiges antiques, il r\u00e9v\u00e8le la richesse arch\u00e9ologique d&#8217;une zone-clef de la Tunisie romaine. Enfin des mus\u00e9es plus anciens regorgent aussi de tr\u00e9sors, comme celui d&#8217;Enfida, avec sa collection remarquable de mosa\u00efques pal\u00e9ochr\u00e9tiennes, ou ceux de Salakta\/Sullecthum, d&#8217;Utique, de Nabeul, de Mactar, de Sbeitla, de Sfax. M\u00eame effort pour les publications : les progr\u00e8s spectaculaires de l&#8217;\u00e9dition tunisienne ont permis la parution d&#8217;ouvrages savants et de brochures d&#8217;excellente vulgarisation consacr\u00e9es aux principaux sites ou aux grandes p\u00e9riodes de l&#8217;histoire ancienne de la Tunisie.<\/p>\n<p>Le visiteur de la Tunisie antique, et notamment romaine, peut se laisser simplement s\u00e9duire par le charme ou la grandeur des sites. Mais s&#8217;il souhaite acqu\u00e9rir une connaissance plus intime de cette Africa qui fut un des phares du monde m\u00e9diterran\u00e9en, il a maintenant tous les atouts en mains.<\/p>\n<p><strong><em>Mars 1999 &#8211; Jean-Paul Morel, Correspondant de l&#8217;Institut. Professeur \u00e9m\u00e9rite d&#8217;arch\u00e9ologie et d&#8217;histoire de l&#8217;art romain \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Provence. Directeur de la mission arch\u00e9ologique fran\u00e7aise \u00e0 Carthage.<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Paul Morel, La Tunisie permet d&#8217;ouvrir \u00e0 elle seule un chapitre important de l&#8217;histoire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en : pour percevoir la dimension r\u00e9elle de l&#8217;Empire romain et son legs \u00e0 notre civilisation, la d\u00e9couverte de l&#8217;Africa, une de ses provinces les plus riches et les plus urbanis\u00e9es, s&#8217;impose\u2026 Laissons Jean-Paul Morel, auteur, parmi de nombreux&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2781,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,84],"tags":[141,140,142,139,91],"class_list":["post-1456","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","category-history","tag-africa","tag-carthage","tag-empire","tag-romaine","tag-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1456","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1456"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1456\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2783,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1456\/revisions\/2783"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2781"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1456"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1456"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1456"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}