{"id":1452,"date":"2019-01-11T12:40:44","date_gmt":"2019-01-11T12:40:44","guid":{"rendered":"http:\/\/192.168.0.250\/news24\/?p=1452"},"modified":"2020-10-18T18:31:01","modified_gmt":"2020-10-18T16:31:01","slug":"la-tunisie-francaise-sur-la-route-de-nabeul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mehdi.name\/fr\/2019\/01\/11\/la-tunisie-francaise-sur-la-route-de-nabeul\/","title":{"rendered":"La Tunisie fran\u00e7aise: sur la route de Nabeul"},"content":{"rendered":"<p>On voyage aujourd&#8217;hui dans la R\u00e9gence de Tunis avec la plus grande s\u00e9curit\u00e9 le jour et la nuit. Certains passages sur la route de Kairouan, autrefois tr\u00e8s redout\u00e9s du touriste, sont devenus s\u00fbrs et l&#8217;on peut actuellement sans escorte, seul, \u00e0 cheval ou en voiture, gagner les grands centres de l&#8217;int\u00e9rieur, sans avoir \u00e0 craindre de f\u00e2cheuses aventures.<\/p>\n<p>Pour aller \u00e0 Kairouan, on suit g\u00e9n\u00e9ralement le chemin de Bir Loubit. C&#8217;est cet itin\u00e9raire que j&#8217;ai parcouru maintes fois, que je vais signaler au lecteur. Le chemin de fer conduit en peu d&#8217;instants \u00e0 Hammam l&#8217;Enf, o\u00f9 l&#8217;on trouve les v\u00e9hicules command\u00e9s la veille \u00e0 Tunis, et l&#8217;on s&#8217;engage avec enthousiasme, au lever du soleil, sur la grande route de Kairouan.<\/p>\n<p>La voie est bonne ; les rivi\u00e8res qui vont se perdre dans la presqu&#8217;\u00eele du cap Bon, sont \u00e0 sec, sauf quelques jours d\u2019hiver ; les lauriers roses dessinent au loin leurs contours sinueux ; \u00e0 droite les cimes tordues de Hammam l&#8217;Enf et du Djebel Ressas, montagnes escarp\u00e9es, d\u00e9nud\u00e9es et priv\u00e9es de v\u00e9g\u00e9tation ; \u00e0 gauche la plaine de Grombalia, large, jaune, riche et \u00e9tendue, pr\u00e9sentant quelques bourgades : Soliman, le Menzel, Grombalia ; au second plan : le golfe de Carthage, le Tillage blanc de Sidi Bou Sa\u00efd et le rocher Zembra isol\u00e9 dans la mer. Chacun de ces lieux rappelle un souvenir.<\/p>\n<p>Soliman, que l&#8217;on laisse pr\u00e8s du chemin, annonc\u00e9e au voyageur par son minaret brun, \u00e9lev\u00e9, qui sort des lacs imaginaires form\u00e9s par les mirages, est une petite ville arabe qui a eu de l&#8217;importance sous le gouvernement des Beys.<\/p>\n<p>Le Bey Othman, au XVIIe si\u00e8cle, y avait \u00e9tabli une colonie de Maures andalous. Ceux-ci, instruits dans l&#8217;art des irrigations, connaissant la culture des m\u00fbriers et du coton, tol\u00e9rants, industrieux, avaient inspir\u00e9 un nouveau souffle \u00e0 la R\u00e9gence dans les divers villages qu&#8217;ils avaient fond\u00e9s : Zaghouan, Testour, Tebourba et Soliman. Mais peu \u00e0 peu, sous l&#8217;oppression des chefs, par leur contact avec les indig\u00e8nes, les andalous eux-m\u00eames avaient perdu leurs qualit\u00e9s distinctives, et les principes de vie qu&#8217;ils avaient apport\u00e9s d&#8217;Espagne \u00e9taient devenus la proie du n\u00e9ant.<\/p>\n<p>Le docteur Pellissier, naturaliste distingu\u00e9 du si\u00e8cle dernier, qui a laiss\u00e9 une relation de son voyage en Tunisie fort estim\u00e9e et bien vivante, cite \u00e0 propos de Soliman un fait dont j&#8217;ai pu constater la v\u00e9racit\u00e9. Il y a dans la plupart des villes musulmanes en Afrique une maison et souvent tout un quartier qui sert de refuge (en arabe Rebat) aux d\u00e9biteurs insolvables.<\/p>\n<p>Ces rebats, g\u00e9n\u00e9ralement situ\u00e9s aupr\u00e8s du tombeau d&#8217;un saint c\u00e9l\u00e8bre, ont leur enceinte, leurs remparts, leurs magasins ; ils sont dou\u00e9s d&#8217;une vie propre et jouissent de certains revenus conc\u00e9d\u00e9s par les grands ou par les associations pieuses qui servent \u00e0 l&#8217;entretien des r\u00e9fugi\u00e9s. Ces derniers ne peuvent \u00eatre poursuivis par leurs cr\u00e9anciers dans les rebats. Cette intention dont plusieurs n\u00e9gociants m&#8217;ont manifest\u00e9 les avantages, facilite les concordats, permet une entente et donne au cr\u00e9ancier la facult\u00e9 de recouvrer une partie de ses avantages.<\/p>\n<p>Cette tradition philanthropique n&#8217;est pas la seule en vigueur chez les Musulmans, qui ont des d\u00e9fauts, des vices, mais qui ont l&#8217;\u00e2me charitable.<\/p>\n<p>Les fous, on le sait, chez eux ne sont jamais enferm\u00e9s ; et c&#8217;est peut-\u00eatre \u00e0 la libert\u00e9 qu&#8217;on leur accorde que l&#8217;on y doit l&#8217;absence, presque compl\u00e8te de folie furieuse. Les h\u00f4pitaux sont gratuits ; les \u00e9tablissements d&#8217;Eaux Thermales ont tous une construction r\u00e9serv\u00e9e aux indigents. Enfin les infirmes ont, en g\u00e9n\u00e9ral, au bord des chemins fr\u00e9quent\u00e9s, un emplacement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 leur usage. Ils ne s&#8217;y tiennent pas et n\u00e9anmoins le passant d\u00e9pose \u00e0 cet endroit son offrande ; personne ne remercie le donateur ; personne ne sert de gardien au p\u00e9cule qui s&#8217;\u00e9l\u00e8ve souvent \u00e0 plusieurs piastres et le voleur m\u00eame n&#8217;y d\u00e9robe jamais une obole, sachant que le denier du pauvre est toujours le denier de Dieu.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de Soliman, Menzel, avec ses jardins d&#8217;amandiers, l&#8217;ancienne m\u00e9tropole du Ch\u00e9rik (La Presqu&#8217;\u00eele du Cap Bon), signal\u00e9e sous le nom de Menzel Bachou, par l&#8217;auteur arabe El Bekri, comme la premi\u00e8re station de la route de Tunis \u00e0 Kairouan.<\/p>\n<p>On distingue le rocher de Zembra, c\u00e9l\u00e8bre par la d\u00e9fense h\u00e9ro\u00efque des chevaliers de Malte, qui y firent naufrage, et se r\u00e9fugi\u00e8rent avec leurs canons au sommet de l&#8217;\u00eele ; ils se battirent vaillamment contre les troupes du Bey qui les harcelaient de toutes parts, et s&#8217;appr\u00eataient \u00e0 mourir, lorsqu&#8217;un navire, au bruit de la fusillade, arriva sur ces entrefaites, et put en recueillir le plus grand nombre.<\/p>\n<p>Je rencontre une noce arabe ; la mari\u00e9e a pour ce jour les honneurs du chameau ; elle est couverte de voiles blancs, l\u00e9gers et soyeux, qui cachent ses traits ; elle s&#8217;avance lentement sur cette monture improvis\u00e9e, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&#8217;une escorte d&#8217;honneur richement par\u00e9e qui ex\u00e9cute la fantasia et suivie par les femmes qui poussent les cris de joie habituels.<\/p>\n<p>Son mari a eu 100 piastres \u00e0 donner au p\u00e8re, et un sac de pois-chiches \u00e0 la m\u00e8re. Ce dernier cadeau suppose une grande beaut\u00e9. De nombreuses distributions de poudre ont \u00e9t\u00e9 faites aux jeunes gens de la tribu. La corbeille se composait d&#8217;une commode.<\/p>\n<p>Plus loin, quelques jardins d&#8217;oliviers nous annoncent Grombalia ; le soleil est plus chaud ; l&#8217;enthousiasme moins vif ; les arbres sont plus tristes ; les plaines plus s\u00e8ches ; les maisons moins blanches.<\/p>\n<p>Le Bey poss\u00e8de \u00e0 Grombalia beaucoup de terres et un pressoir \u00e0 huile. Les biens du Bey, dits Beylic, sont diss\u00e9min\u00e9s dans toute la R\u00e9gence ; ils sont consid\u00e9rables, et consistent en propri\u00e9t\u00e9s territoriales immenses, en bois d&#8217;oliviers, en jardins, en palais, en ch\u00e2teaux. Les terres du Beylic forment, avec celles du clerg\u00e9 dites \u00ab biens Habbous, \u00bb la grande portion de la R\u00e9gence. Les habbous servent \u00e0 l&#8217;entretien des mosqu\u00e9es, des imams, des \u00e9coles, des h\u00f4pitaux, et ils fournissent chaque ann\u00e9e des rentes importantes aux temples de la Mecque et de M\u00e9dina en Arabie. Tous ces biens : terres, for\u00eats, oliviers, maisons de location dans les villes, sont sous l&#8217;administration d&#8217;un intendant sp\u00e9cial, dit Oukif, qui les g\u00e8re avec insouciance et ne leur fait pas rapporter ce qu&#8217;ils devraient.<\/p>\n<p>Au caf\u00e9 Maure de Grombalia, un Docteur marocain, habill\u00e9 \u00e0 la fran\u00e7aise, distribue aux malades du hameau un \u00e9lixir de longue vie, sous forme de b\u00e2tons de r\u00e9glisse couverts de versets du Coran. Les docteurs marocains ont une grande r\u00e9putation dans la R\u00e9gence, j&#8217;ajouterai qu&#8217;au Maroc les m\u00e9decins tunisiens font la vole.<\/p>\n<p>J&#8217;entends des cris plaintifs, on me dit de ne pas faire attention \u00ab Kif El riha \u00bb c&#8217;est de la fum\u00e9e ; c&#8217;est une femme qu&#8217;on enterre. Elle est morte il y a trois heures \u00e0 peine; on la porte au cimeti\u00e8re sur un brancard, dans un linceul, sans bi\u00e8re; quelques cris pay\u00e9s, pas de noir sur les habits \u00e0 cause du soleil, pas de larmes aux yeux, \u00e0 cause du Coran; elle est ensevelie, orient\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de la Mecque ; on place sur sa tombe une brique \u00e9corn\u00e9e aux angles. Les parents : fils, p\u00e8re et mari retournent au caf\u00e9 prendre des forces pour supporter \u00ab islamiquement \u00bb la douleur.<\/p>\n<p>La plaine est d\u00e9serte, des troupeaux de vaches paissent au loin. Quelques palmiers pr\u00e8s de nous, tristes et isol\u00e9s ; les ardeurs du soleil sont encore plus vives ; plus de sources, plus d\u2019ombrages ; un seul puits, Bir El Arbain, le puits des quarante voleurs. Une derni\u00e8re maison avant la Khanga, le fondouk Affa\u00efd ; un fumeur de Kiff (Poudre de chanvre) y allume sa pipe, en tire quelques bouff\u00e9es; les yeux hagards, le teint empourpr\u00e9, il demande au narcotique l&#8217;oubli du pr\u00e9sent et l&#8217;ivresse de l&#8217;imagination.<\/p>\n<p>Le narcotique lui donnera aujourd&#8217;hui des r\u00eaves dor\u00e9s, demain des hallucinations et bient\u00f4t la mort. La Khanga, fourr\u00e9 \u00e9pais de thuyas, bossel\u00e9s et \u00e9corn\u00e9s, d&#8217;oliviers maigres et rabougris, de lentisques odorants d&#8217;un vert sombre, est longue, sablonneuse, accident\u00e9e et sauvage. Le g\u00e9n\u00e9ral Kheir Eddine, un des ministres intelligents de la R\u00e9gence, avait plac\u00e9 dans la Khenga, ancien repaire de brigands, des familles de m\u00e9tayers s\u00fbres, les autorisant \u00e0 avoir des ch\u00e8vres et \u00e0 faire du charbon. Les brigands depuis ont disparu ; ils servent de bergers \u00e0 leurs gardiens et \u00e9pousent leurs filles.<\/p>\n<p>Des chameaux du Djerid charg\u00e9s [de dattes passent devant nous. Ils gravissent p\u00e9niblement les mont\u00e9es de la Khanga, rendues glissantes parles derniers orages. Sept hommes arm\u00e9s escortent le convoi. Leur chef est \u00e0 cheval. Ils vont \u00e0 Tunis \u00e9changer leurs dattes contre des \u00e9toffes ou du sucre.<\/p>\n<p>Plus loin quelques Gab\u00e9siens nous saluent au passage. Ils sont sans chapeau, sans chaussures ; une chemise, un pantalon et un b\u00e2ton noueux, forment leur garde-robe et leur arsenal. Ils viennent des montagnes du Sud de la Tunisie, fronti\u00e8re Tripolitaine.<\/p>\n<p>\u00ab Les Djebels des Beni Tesren et Nufusa, dit L\u00e9on l&#8217;Africain<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, distantes de Djerba et de Sfax d&#8217;environ trente milles, sont hautes et froides. Leurs habitants sont r\u00e9put\u00e9s pour h\u00e9r\u00e9tiques par les pontifes de Kairouan, et ils vont exercer tous les m\u00e9tiers m\u00e9caniques pour gagner leur vie. \u00bb<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui encore, ces Musulmans, dits Gab\u00e8siens, Berb\u00e8res d&#8217;origine, doux, intelligents, aimant la terre, viennent travailler \u00e0 Tunis comme portefaix, dans les campagnes comme journaliers pour la taille des oliviers, ou pour les moissons. Honn\u00eates dans une certaine mesure, se consid\u00e9rant comme bien sup\u00e9rieurs aux Arabes, sobres, ils arrivent \u00e0 \u00e9conomiser, en quelques ann\u00e9es, un capital de plusieurs centaines de francs, qu&#8217;ils ont h\u00e2te aussit\u00f4t d&#8217;apporter \u00e0 leur p\u00e8re pour l&#8217;achat d&#8217;un jardin ou d&#8217;un morceau de terre qui compl\u00e8tera le bien de la famille.<\/p>\n<p>Le soleil est d\u00e9j\u00e0 avanc\u00e9 dans sa course ; l&#8217;air est plus frais ; le c\u0153ur plus joyeux esp\u00e8re toucher au but prochainement. J&#8217;entends les mugissements de la mer; le dernier seuil franchi, la mer immense se d\u00e9veloppe aux yeux ravis, depuis Nabeul jusqu&#8217;\u00e0 Hergla; pr\u00e8s du golfe appara\u00eet le fondouk de Bir Loubit, masse blanch\u00e2tre au bord de la mer au milieu des caroubiers.<\/p>\n<p>Nabeul, l&#8217;ancienne <em>Neapolis<\/em>, c\u00e9l\u00e8bre par la douceur du climat, par ses jardins embaum\u00e9s, par ses poteries et par la beaut\u00e9 de ses citoyens. Un chroniqueur raconte \u00e0 ce sujet que tous les Arabes de la ville \u00e9tant d\u00e9clar\u00e9s bons pour le service, partent pour la conscription et laissent les jeunes filles sans \u00e9pouseurs.<\/p>\n<p>J&#8217;arrive au fondouk ; l&#8217;honorable aubergiste vient \u00e0 ma rencontre, me prend les mains, me vante les beaut\u00e9s du site, et les charmes du paysage. Je lui demande incidemment s&#8217;il a un d\u00eener de pr\u00eat, et une chambre disponible : \u00ab El Koul hader b\u00e2che \u00bb tout est pr\u00eat, me fait-il, tout est \u00e0 ta disposition. On me sert aussit\u00f4t des tomates crues, des poivrons secs, des \u0153ufs durs et du pain d&#8217;orge. Je me h\u00e2te apr\u00e8s ce frugal repas de regagner mon appartement.<\/p>\n<p>J&#8217;avais la chambre d&#8217;honneur au premier \u00e9tage. Pas de vitres aux fen\u00eatres pour se garer du vent et de l&#8217;humidit\u00e9 ; pas de fermetures aux portes pour se d\u00e9barrasser des importuns ; un matelas pour lit sans draps et sans coussins. Malgr\u00e9 tout, je fis une bonne somme.<\/p>\n<p>Au matin, d\u00e8s l&#8217;aube on m&#8217;apporta la note, qui \u00e0 ma grande stup\u00e9faction s&#8217;\u00e9levait \u00e0 six francs. Je demandai quelques explications au g\u00e9rant qui me fit de longues dissertations sur la fa\u00e7on d&#8217;extraire l&#8217;essence des roses et des jasmins, et qui en fin de compte, ajouta poliment que l&#8217;on ne saurait trop payer une aussi belle nature, l&#8217;argent ne pouvant pas \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 un beau coucher de soleil.<\/p>\n<p>Je r\u00e9glai ce po\u00e8te aubergiste suivant son d\u00e9sir et continuai ma route vers l&#8217;Enfida.<\/p>\n<p><strong><em>Ludovic Campou \u2013 Paris, 20 mai 1887.<\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em>DU M\u00caME AUTEUR : \u201cUn Empire qui croule\u201d (le Maroc contemporain) 1886.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> L\u00e9on l&#8217;Africain, description de l&#8217;Afrique. L\u00e9on l&#8217;Africain est un auteur arabe, n\u00e9 \u00e0 Fez, au Maroc, au XVIe si\u00e8cle, qui a parcouru tout l&#8217;Afrique jusqu&#8217;au Soudan ; il se convertit au catholicisme \u00e0 la fin de sa vie, et a laiss\u00e9 une relation de ses voyages qui fournit les documents les plus s\u00e9rieux sur son \u00e9poque.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On voyage aujourd&#8217;hui dans la R\u00e9gence de Tunis avec la plus grande s\u00e9curit\u00e9 le jour et la nuit. 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